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Une histoire cadeau : Temoignage et force prophétique

Les béatitudes sont, sans aucun doute, la synthèse la plus parfaite de l´Evangile et l´expression la plus réussie de son échèle des valeurs.  En elles est contenue et exprimée avec la profondeur propre de la poésie, la vérité que le Christ est venu révéler au monde. Une vérité qui libère profondément l´homme. Une vérité qui murit la personne  en son humanité. Une vérité qui est, en définitive, l´amour.

Uniquement celui qui apprend á aimer murisse intégralement .L´homme étant fait à l´image et ressemblance d´un  Dieu qui est amour,  l´amour est le seul fondement sur lequel on peut cimenter et construire une équilibrée et heureuse personnalité. Mais la leçon de l´amour est difficile à apprendre. L´égoïsme,  racine de toute erreur vitale, tend à revêtir avec le manteau du dévouement et de l´ouverture aux autres, ce qui, parfois, n´est que profit personnel ou possession et domination des autres, c´est pourquoi, les béatitudes, en transmettant  le message d´une vérité fondée dans l´amour, font remarquer les nuances qui font de l´amour, une vérité. Et elles viennent nous dire que l´amour n´est tel que s´il est entrelacé du dévouement, d du propre être et de son avoir , au service des autres, de force pour mourir au propre et créer communauté avec les autres, de justice selon le plan original de Dieu sur l´homme, et la société, dévouement préférentiel pour ceux qui en ont le plus besoin, de générosité  et pureté d´intentions et d´une grande paix intérieure et extérieure. Ce message de la vérité comme amour et de l´amour vrai est, cependant, prophétique par sa propre nature  et crée des divisions et des luttes d´autant plus fortes et violentes que la société est plus fondée  dans des consumérismes , soif de pouvoir, des injustices légalisées ou dans d´autres formes d´égoïsmes personnels et même structurels. La liberté a toujours un prix. Et le prix à payer pour la liberté évangélique, pour la vérité et la justice sur l´homme et sur la société, est la persécution. La huitième béatitude, résumé et conclusion des sept autres, est très claire : Bienheureux les persécutés à cause de la justice, parce que, le Royaume des cieux est à eux. Bienheureux serez-vous quand  vous serez injuriés et persécutés  avec mensonge et toute sorte de maux contre vous à cause  de moi.

Là où l´Eglise est  cohérente avec son message, elle est rejetée ou persécutée. Et d´autant plus  rejetée et persécutée que sa cohérence est plus grande. Les formes de persécution sont, cependant,  nombreuses et diversifiées. Il y a des persécutions plus sournoises et non pas moins dangereuses, qui essayent de gagner le silence de l´Eglise avec des offres  et des privilèges. Ceux qui agissent ainsi savent bien qu´il vaut mieux une Eglise corrompue que persécuté.    Il y en a  d´autres, réalisées avec gant en soie, qui ne martyrisent pas l´Eglise, mais  qui la musèlent et l´acculent dans les sacristies. Et, il y en a d´autres, comme celle soufferte en Espagne pendant la guerre civile, qui sont vraiment sanguinaires. Ces divers types  de persécution, signes permanents de l´annonce du Royaume, accompagnent l´Eglise en son quotidien pèlerinage dans le monde. Et la Congrégation des Tertiaires capucines de la Sainte Famille, citoyenne des très diverses cultures et nations, a expérimenté aussi en différentes époques et pays le défi d´annoncer le Christ et de collaborer dans la construction de la civilisation de l´amour. Ce qui est arrivé en Espagne en 1936 est, pour les tertiaires capucines une expression très importante de leur force prophétique, mais pas la seule ni, certainement, la dernière.

Chine, une aventure missionnaire

Peu d´années après, le propre Père Fondateur ouvrit amplement cette porte à ses filles. Le Seigneur lui envoya un signe et lui, homme de foi, a su l´interpréter sans retard. En 1903, sans que personne ne le sache, arriva à Massamagrell   une jeune colombienne de bonne position qui avait dû fuir sa maison à cause de l´appel du Seigneur chez les tertiaires capucines. Ce fait, uni à la demande que les capucins de la Guajira  faisaient depuis un temps aux sœurs d´y aller , fut suffisant pour que la Congrégation , encouragée par son fondateur, décide de parcourir les chemins du monde, annonçant le Christ là où il n´était pas encore connu. Et en 1905 sont parties vers la Colombie les premières missionnaires. Quelques années après ce fut le tour du Venezuela. Et en 1929 débutaient les tertiaires capucines leur ouverture missionnaire en Chine. Les circonstances de ce nouveau voyage conféraient des teintes propres d´une vraie aventure. Les sœurs choisies parmi les volontaires, étaient, comme le voulait le père Amigó, « saines et robustes de corps, constantes et fortes dans la foi »et elles avaient un grand esprit d´amour, abnégation et sacrifice, mais, elles s´adressaient à un pays d´où elles ne connaissaient pas ni l´idiosyncrasie, ni la culture ni la langue. Le 3 novembre 1929  quittent Massamagrell les premières choisies. Elles se dirigent vers la mission la plus pauvre, située dans la province de Kansú , la plus grande et occidentale du pays. Comme c´était l´habitude des missionnaires d´alors, ont dit « adieu, jusqu´au Ciel ». Le Père Amigó, déjà ancien, n´avait pas pu contenir les larmes. Il savait qu´il ne les verrait plus. Pendant les cinq ans qu´il vivrait encore, il eut toujours pour ses « petites chinoises », une tendresse spéciale. Et lorsque, étant déjà près de sa mort, il reçoit leurs nouvelles , il trouve encore des forces suffisantes pour applaudir avec faiblesse et enthousiasme en même temps.

Le 27 janvier 1949, les dernières missionnaires tertiaires capucines en CHINE furent obligées d´abandonner le pays. Leur cœur, malgré cela, y restait pour toujours, dans ce champ d´évangélisation, témoin de tant des travaux et des joies. Elles ne sont pas parvenues à verser leur sang  pour le Christ, mais elles ont souffert en leur propre chair les conséquences d´une persécution déchainée une fois de plus, contre la foi chrétienne.

Et ce fait de  défier les dangers et les difficultés, vécu avec radicalité par les sœurs pendant le choléra de 1885, pendant la guerre espagnole de 1936, ou pendant l´aventure missionnaire en Chine,  a continué à fleurir après, quand la gravité des circonstances  a exigé un témoignage extrême d´amour. Le cas de Armero (Colombie), est une bonne preuve de cela. Armero,a été fondé en 1895 dans le département de Tolima. Les Tertiaires Capucines étaient des voisines du village depuis 1956 quand l´Évêque de Ibagué les invita à s´y établir avec la seule condition d´être saintes. En 1985, le Collège de la Sainte Famille avait atteint déjà sa vraie maturité. Sans augmenter excessivement le nombre des élèves, sans perdre l´air de famille qui le caractérisa dès le début, il avait étendu son action éducative et évangélisatrice au-delà de ses salles des cours, s´insérant dans l´ambiance familiale de ses élèves et dans la pastorale d´ensemble de la paroisse.  Les sœurs qui dirigeaient le Collège avaient reçu cette année 1985 avec une joie spéciale : la Congrégation accomplissait le premier centenaire de sa fondation. Les gens de Armero, comme tant d´autres de la géographie mondiale, se disposaient à s´unir joyeuses à la célébration jubilaire de leurs chères sœurs. Mais, peu après le début de l´année, des noirs pressages ont commencé à se cerner sur la population. Le Nevado du Ruiz , lion endormi pendant longtemps, a commencé à donner des signes de vouloir se réveiller de sa léthargie. Et Armero, comme les autres villages des alentours, ont commencé à vivre un long cauchemar. Lorsque, au mois d´avril, la supérieure provinciale visita les sœurs, la situation était déjà préoccupante ; le volcan rejetait continuellement de la cendre qui couvrait les maisons et les rues du village avec un manteau lugubre qui obligeait les habitants à se protéger avec des foulards à la bouche pour sortir à l´extérieur. La Provinciale, voyant le danger que les sœurs  couraient leur demanda : Savez-vous que vous êtes en danger de mort ? Que pensez-vous faire ? 

 La communauté composée par les sœurs Bertlina Marín Arboleda, Julia Alba Saldarriaga Angel, Emma Jaramillo Zuluaga, Marleny Gómez Montoya et Nora Engrith Ramírez Salazar (novice), répondit unanime : nous mourrons avec le peuple … et si nous restons vivantes, nous accueillerons dans notre maison tous ceux qui aurons des problèmes de logement …cette maison est très grande. La sœur Provinciale, cependant, voyant que la novice était très affaiblie, lui dit : Norita, quand tu iras en vacances tu devras rester à Medellín, je te vois très pâle. Mais la jeune insista : laisse-moi terminer l´année ici. Je suis contente.  Je sens que le Seigneur me demande de rester ici.

Le 13 novembre, à la tombée de la nuit, survint la catastrophe. Les eaux à grand débit, provenant du dégel des neiges perpétuelles  du volcan anéantirent le village.  Le lendemain, la radio et la presse donnaient la nouvelle de la tragédie : Armero est une plage… Armero est disparue. Rien n´est resté de Armero. Les maisons sont ensevelies … Des milliers et des milliers des personnes sont mortes sous la boue.

Deux des sœurs, la supérieure Bertalina et la novice Nora Engrith, restèrent ensevelies pour toujours dans le grand cimetière  qui était devenu Armero. Une troisième, Julia Alba, est décédée treize jours après, à Bogotá, victime des blessures et des souffrances produites par l´avalanche. De même qu´en 1885, année de la fondation de la Congrégation  maintenant aussi, dans la célébration du premier Centenaire, trois sœurs ont signé avec leur,, sang leur témoignage d´amour à Dieu dans les frères. Mais, le cas de Armero , n´est pas le dernier témoignage d´amour jusqu´à l´extrême qui nous offre l´histoire récente des Tertiaires Capucines. Moins de deux ans après cette catastrophe,la Congrégation s´est teintée à nouveau de rouge en la personne de la sœur Inés (Agnès) Arango. Née à Medellín (Colombie). Son grand idéal depuis son enfance, fut celui d´être missionnaire en Afrique ou en Asie. Elle aurait voulu partir vers les missions,  juste après sa profession, mais dans la montre de Dieu,  son heure n´était pas encore arrivée. Elle a dû attendre vingt ans  et passer sa première èpoque de vie religieuse, consacrée à l´enseignement en son pays natal. En 1977 son rêve missionnaire est devenu finalement réalité. Les tertiaires capucines avaient accepté une œuvre missionnaire dans la forêt de Aguarico (Equateur) et la sœur Inés allait dans le groupe des fondatrices, C´était le 9 mars 1977. Sa première destination fut Shushufindi. Mais elle y est restée peu de temps. En aout de cette même année Inés part comme responsable d´une mission à Roquefort, qui sera pour elle depuis lors, le centre référentiel de toute son activité missionnaire chez les tribus  indigènes des alentours, Ici elle connut le père Alejandro Labaka avec qui elle s´est sentie identifiée depuis le premier moment et avec qui l´unit une profonde et sincère  amitié. La préférence de tous deux furent les minorités : les Sionas, les Secoyas, les Quichuas, les Shuaras et, particulièrement, les Huaorani. Alejandro et Inés, en son illusion d´annoncer le Christ, s´exigent chaque fois plus. Ils sont conscients qu´un vrai annonce de l´évangile doit respecter la culture indigène assumant ses valeurs. Et, pour connaitre ces valeurs  il faut s´insérer pleinement dans leur vie. En 1985, la sœur Inés demande et obtient la permission de s´en aller vivre un temps parmi les Huaorani. L´expérience fut très positive et Inés la répéta en d´autres occasions.  Chaque jour son esprit missionnaire est plus fort et engagé.  Elle est en train de vivre une maturité spirituelle qui surprend ceux qui la connaissent. En 1987 eut lieu à Bogotá, le III Congrès Missionnaire Latino-Américain. Le Congrès terminé, Inés retourna rapidement à Roquefort, reconforté par les paroles encourageantes et la bénédiction de la sœur Générale Elena Echavarren.

 Elle a obtenu la permission et elle a l´illusion de commencer le plus vite possible un voyage vers les Huaorani. La veille du voyage elle dit au revoir ainsi : Laure, je pars chez les Tagaeri. Laure lui demande : As-tu peur? Et si on te tue ? – Ah, tranquille, je mers heureuse. En vérité Inés, Tu n´as pas peur ? Non, parce que si je meurs, je meurs comme me le demande le Seigneur.  En sa lettre  elle écrivait : Si je meurs je meurs heureuse et j´aimerais que personne ne sache rien de moi. Je ne cherche nom ni réputation. Dieu le sait  …Toujours avec tous, Inés.

Sans doute, dans l´histoire des martyrs la meilleure couronne est pour Rosario, Serafina et Françoise , nos bienheureuses martyres . Sans doute ,le mieux est de se sentir et se voir entourées par les sœurs qui, à Massanagrell et Benaguacil les ont précédé en 1885 avec leur témoignage d´amour, et par celles qui, après, en Chine, Armero et Aguarico ont contribué à faire de l´histoire des Tertiaires Capucines un poème  de force et de tendresse rendant vivante  la devise : Amour, abnégation et sacrifice.    

Sœur Sylvie Yolanda Muñoz Muñoz, tc

 

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Lettre inédite sur la mort de notre père louis

Un « bijou »…C´est ce que j´avais dans ma malle et,  par ces « inspirations de Dieu » j´ai eu l´idée de courir le voile, pour l´éclairer, lui donner des ailes, lui rendre vie. Tant d´années avec moi, dans mon livre de la « Liturgie des Heures », comme un « petit papier »avec des plis pleins de temps et des marques, avec des caractères d´impression détériorés au maximum par le courir caché des années silencieux. D´une fragilité impressionnante mais  docile à la caresse, à une lecture déchiffrée même pour la loupe pour déchiffrer la tendresse  gardée au cœur, et les doigts d´une sœur éloignée  en notre histoire actuelle, mais vivante en chacune de ses expressions, racontant avec une infinie affection, les derniers moments  de la précieuse vie  de notre Père fondateur. Un témoignage profondément révélateur pour ces dattes de si  agréable mémoire.

Une date inexplorée : « 7 octobre 1934 »…Encore l´écho des cloches et l´odeur des cierges consommés en un silence respectueux, laissent sentir sa présence comme serrant entre ses pleurs le cœur d´un homme avec parfum de l´amour de Dieu. Le Père repose en son tombeau et il étrenne la « joie éternelle ». Dans les âmes il n´y a pas des souvenirs, il y a des expériences  des  étreintes  paternelles, des paroles pleines des désirs et des illusions sur le futur de sa famille,  engendrée dans la plénitude de ses ans et ses forces juvéniles. Novices hommes et femmes…promesses de futur sur les traces de « celui d´Assisse », sont au centre de son esprit et dans ses conseils visionnaires du temps et de l´histoire.

Et là, à Massamagrell, dans la maison qu´il a tant aimé, dans la chapelle que  lui-même  inventa, est déposé son corps. Et de cette présence silencieuse de cet « homme de la volonté de dieu » surgit une réalité captivante que stimule à la fidélité, l´authenticité, la promptitude face aux appels du monde, de la maison commune et de l´église, hissant le drapeau du charisme compatissant et rédempteur. Massamagrell, ALPHA ET OMEGA du Père, principe de sa vie et repos final de son existence corporelle.

La fidélité de qui écrit obéissant un mandat paternel. » Avant tout, recevez sa  bénédiction spéciale, comme il m´en demanda avec un amour et un intérêt paternels, ce que j´accomplis volontiers» 

Nous nous disposons à « lire » un sublime testament d´amour de notre Père fondateur pour ses religieuses de l´Amérique. Je voudrais la publier aux quatre vents  de notre géographie et à genou, prier, remercier, partager  l´écho filial des larmes inquiètes soupirs silencieux, des voix  prudentes, des regards fraternels, des accolades de douleur et force, des augures d´espérance, foi et amour en notre devenir, promesse de survivance dans le cœur de Dieu, de Marie et du monde qui nous appelle à une donation total pour l´Évangile.

Massamagrell, 7 octobre 1834

Très révérende Mère Commissaire Capitulaire

Yarumal

Très chère et inoubliable Mère Purification : Le Seigneur nous donne sa paix.

Avec le cœur déchiré par la peine et l´amertume auxquelles  la disparition de notre très cher et vénéré Père Fondateur (qu´en paix repose) nous a laissé soumises, je vous adresse ces lignes pour vous communiquer quelque chose que nous avons eu l´occasion de recueillir en ses derniers jours, de ses  lèvres bénis.  Avant tout recevez sa bénédiction spéciale, ainsi m´en a chargé, avec paternel amour et intérêt, de vous l´écrire de sa part, ce que j´accomplit très volontiers.

Lui, ayant le pressentiment de sa mort, n´omis pas ses détails en tous les moments de son  dernier  temps parmi nous. Puisque nous avons eu la joie de l´avoir en cette sainte maison du 20  aout au 6 septembre où il partit à Valence pour bénir le mariage de son neveu Louis Boada Amigó, et ce même jour, nos Pères et frères Tertiaires Capucins  l´ont amené à leur Couvent de Godella pour voir si là-bas il se soulageait avec le changement d´airs, mais tout fut inutile : il y mourut, étant  la Révérende Mère Rosario de Soano et la Révérende Mère Cruz de Beniarjó  celles qui ont eu l´incomparable joie de recueillir son dernier soupir puisque c´était leur tour de le veiller cette nuit-là. Il mourut à 1 heure du matin du 1er octobre et c´est R.P. Lauriano de Burriana, Tertiaire et Supérieur de la maison de Godella  qui eut la chance de lui donner la dernière absolution.

Ce fut en vain que les docteurs se sont efforcés pour combattre le mal qui  rongeait   sa précieuse vie et  que se sont vus obligés d´exclamer : « Monseigneur l´Évêque meure sans maladie ».Et, comment expliquer cela ? Ah… c´est que son mal était plus intime. La peine morale qui dévorait son cœur était très grande !…et c´est de là qu´il était en train de s´éteindre  lentement, priant et souffrant en silence ce mal qui nous l´a saisi : son diocèse, ses pauvres Prêtres dans le besoin…tout cela  l´ attristait  mais il le souffrait avec la résignation d´un saint ! …Ainsi le vénèrent tous, comme à un vrai Serviteur de Dieu. Son cœur était dévoré par l´amertume de voir son diocèse dans la misère extrême : ses prêtres sans pain et sans foyer presque. Les soupirs qui noyaient  sa poitrine en ses derniers jours étaient continus. Les pleurs de ses yeux étaient aussi presque continus. En fin il a été une victime des circonstances  que nous déplorons pendant trois années. Dernièrement  il est arrivé à n´avoir envie de rien. Il est resté cinq jours sans prendre même de l´eau. Uniquement on lui humectait les lèvres. 

Le Viatique, il le reçut assis dans un fauteuil, avec la sérénité  et la reconnaissance d´un saint, le jour de la Vierge des miséricordes (Mercedes), des mains de Monseigneur Lauzurica, auxiliaire de l´Archevêque de Valence, à qui il recommanda ses deux Congrégations. Ses jours de maladie furent de grande édification pour tous ceux qui venaient le visiter. Quelle reconnaissance manifestait-t-il, comment demandait-il pardon, et quelle paix s´entrevoyait  en un si bon père. Il est mort comme meurent  les saints : pardonnant et bénissant à tous.

Deux jours avant sa mort il fut appeler  à sa présence tous les novices et profès pour les bénir pour la dernière fois et leur donner ses derniers conseils. Ici aussi, pendant les jours qu´il resta  il partit deux ou trois fois au Noviciat pour donner aux novices des exhortations qu´elles n´oublieront jamais. Aussi à nous, les professes, il nous parlait pendant les récréations, de la vie de  notre Père saint François, nous animant à avoir une grande confiance dans la divine Providence puisque Dieu avait promis  au Petit-pauvre d´Assisse que s´il n´y avait que deux pains dans le monde, un serait pour ses fils. Il nous exhortait à garder la sainte Règle et les Constitutions et aussi à procurer conserver l´esprit d´humilité et de pauvreté franciscaines qu´il avait toujours désiré comme fondation  de notre bien-aimée Congrégation.  Demandons-lui donc, aimée mère commissaire qu´il continue à nous bénir du ciel et qu´il protège son œuvre  en nous versant des grâces sur ses deux aimées Congrégations  pour qu´elles restent toujours dans le cœur de ses fils et filles les vertus qu´il nous a tant prêché toujours  avec son exemple : mansuétude, humilité et reconnaissance à Dieu et à tous ceux qui nous favorisent  par œuvre ou en paroles.

Le 2 on a fait les Funérailles dans la communauté de Godella et l´après-midi, son vénéré corps a été déplacé vers la paroisse de Massamagrell. Je ne peux pas vous expliquer combien grande fut l´ assistance, la vénération et l´ordre que y régna. On voyait bien combien ils l´aimaient …Le 3 ce furent dans la paroisse officiant l´ Archevêque de Valence, assisté par le Cabildo  de Segorbe et d´autres dignes autorités. Juste après, on conduisit le cadavre  à notre chapelle  et, le jour signalé, celui de notre père saint François, furent les funérailles et la mise au tombeau. Tout très ordonné et dévot, comme il l´était.

Sa mémoire sera reconnue par tous en général, en ce village où Monsieur le Maire et les membres de la mairie comme toutes les autres personnes et le clergé des villages voisins sont venus à Godella, comme à cette sainte maison, lui rendre leur dernier hommage de  vénération et appréciation.

Qu´il repose en paix le père bien-aimé dont la mémoire sera toujours bénie par ses fils.

La très révérende Mère générale vous bénit et par elle, à toutes ses aimées filles colombiennes.

Avec grande affection et attristée, sœur dans le Père saint François , je me recommande à  vos prières.

Votre sœur Josefa de Dabajuro

Après avoir énumérer des sœurs aussi significatives, quel est mon rôle ici ?… Simplement un moyen pour faire voler des ailes disposés à un voyage planétaire et célestiel dès ce 7 octobre 1934 ; pour » faire sortir de  mon baúl », expériences, souvenirs, existences de plus en plus fascinantes, pour reconnaître  dans les étagères de notre histoire, la richesse spirituelle qui sous-tende dans le silence priant d´une tombe, pur tabernacle, où se trouve la genèse de notre être de Tertiaires Capucines, de Tertiaires Capucins, de Famille Amigonienne..

Avec des sentiments fraternels

Sœur Dora Arboleda Hoyos t.c.

Province “Notre Dame de la Divine Providence »    

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Une icône qui parle

Introduction

L´icône du crucifix de saint Damien eut une grande diffusion dans la piété catholique. Il est facile de le trouver en n´importe quel magasin ou lithographie. Certainement son format et sa coloration le rendent spécialement attirant, simplement partant des intérêts pieux  ou esthétiques ; tout d´un coup tu le trouves au bureau d´un gérant d´une banque ou dans la salle d´attente d´un cabinet médical.

Je veux partager avec vous une brève réflexion sur la rencontre de saint François avec le Christ de saint Damien au début de notre cheminement spirituel, réflexion à laquelle j´ai eu  l´audace de mettre comme titre « une icône qui parle »       

Les studieux de l´icône de saint Damien, localisent son origine aux siècles X ou XI, très surement peint par quelque moine vivant dans la région de la Umbría.

Élaborer une icône requiert un infini sens de contemplation, prière et mystique sur la figure que l´on va peindre.

Une icône est peinte essentiellement pour être contemplée. En celui de saint Damien, la première chose qui frappe la vue est la figure d´un Christ crucifié et en même temps ressuscité, avec des énormes yeux ouverts et une grande luminosité dans les couleurs des personnages qui accompagnent ; couleurs qui contrastent avec le fond noir que dans l´iconographie de l´époque signifie mort, le rouge qui indique la divinité , doré qui représente l´éternité, bleu et vert qui font référence au monde et à l´écoulement de l´histoire humaine.

Cette rencontre de François avec une icône qui le parle au cœur dans une église où le toit est prête  à tomber, est un événement  fondant du charisme franciscain. Avant il avait déjà eu deux rencontresTimportantes, avec soi-même dans la maladie et la solitude et avec le lépreux , hors des murailles de la ville , en chemin.

L´Ordre des rencontres reflète l´évidente centralité de l´être humain dans la spiritualité franciscaine, situé dans des contextes de marginalisation. A propos des rencontres on peut noter l´importance qui a le thème dans le magistère du pape François quand il parle de   la culture de la rencontre.

  Depuis Laudato Si et Fratelli Tutti pas de place au moindre doute . Selon le pape l´expose tout est en relation et nous tous nous sommes des frères et des sœurs en ce merveilleux pèlerinage qu´est la vie, entrelacés par l´amour que Dieu a pour chacune de ses créatures, amour qui unit avec tendre affection le frère soleil avec la sœur lune , le frère fleuve à la mère terre «(LS ,92 ). En plus, sachant qu´il n´est pas possible accentuer une rencontre en laissant de côté  ou ignorant une autre, ou ce qui serait pire, en le bloquant, créant une fracture interne qui peut mener à la mort. 

C´est évident dans la spiritualité franciscaine la relation entre rencontre, réparation et soin, trois thèmes qui reflètent un sens maternel qui met des tâches réalisables uniquement partant d´une vraie conversion intégrale, écologique et pastorale.

Pour vivre la vocation franciscaine, en plus d´une conversion holistique , on doit cheminer vers une rénovation des sens de compréhension , vers une nouvelle compréhension des relations en clé de vie , d´ouverture et de disponibilité de cœur et  d´esprit, une ouverture qui mène au-delà des étroits murs institutionnels , de l´autoréférentialité qui appauvrit et immobilise.

On doit revenir avec urgence au Jésus de l´Évangile, à celui d’Emaus, à celui des pêcheurs du port, celui des noces de Cana, á l´ami de ceux de Béthanie. Au Jésus priant du désert, tenté par Satan au Jésus qui pleure son ami mort, qui guérit la femme malade. Pour qu´il y ait une rencontre vraie avec Jésus de Nazareth on doit faire le chemin qui entreprirent Claire , François, Antoine, Frère Louis Amigó et beaucoup d´autres hommes et femmes qui ont osé tout laisser pour s´ouvrir au monde  de façon telle que la culture de la rencontre soit possible.

Uniquement ainsi sera réparée la maison qui menace ruine, la maison commune, frappée par le réchauffement  globale, par la pauvreté et par la guerre. Il faut que l´identité  franciscaine soit  connue et assumée en vérité, partant des initiatives qui promeuvent  les familles franciscaines de chaque pays, les commissions de justice et paix et intégrité de la création  JPIC, les réseaux des Migrants et des défenseurs des droits humains des femmes, des enfants garçons et filles, des populations LGBTIQ+, Communautés ancestrales. Oser tisser avec d´autres, ouvrant les institutions à ceux qui veulent être des artisans de paix avec justice et dignité.

Il est nécessaire comme le dit sans se fatiguer le Pape François, assumer le devoir que comme chrétiens nous avons de nous impliquer dans la politique parce qu´elle est l´une des formes  les plus hautes de l´amour puisqu´elle cherche le bien commun. Claire et François  avaient conscience d´être des citoyens  et ils ont travaillé pour une  cohabitation en paix et justice.  De cette manière il est important que comme franciscains nous fassions synergie  en Nations Unies dès le bureau des Franciscans International qui rend visible  à la communauté internationale  l´état de ruine ou de réparation de la maison.

Que nous continuons à construire, animant la « bénite appartenance commune » qui nous fait frères et sœurs, dit le Pape François dans la FT : « la fraternité et l´amitié sociale s´expriment à travers des actes de bienveillance, avec des formes d´aide et des actions généreuses en temps de besoin. Une affection désintéressée  envers d´autres êtres humains, sans importer la différence  et l´appartenance ».

  Juán Redón Herrera  OFM

 

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Défense de la vie

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École amigonienne: “Va plus loin”

L´école d´Amigó enfonce ses racines dans l´évangile de Jésus, Bonne Nouvelle, qui est venu de préférence pour les derniers de la ligne, les exclus, placés au bord de la route, ou, comme Jésus Lui-même l´exprime : « chaque fois que vous l´avez fait avec le plus petit de mes frères, c´est avec moi que vous l´avez fait… » (cf. Mt 25, 31-46).

Il serait osé d´affirmer l´originalité d´une proposition qui commence à se construire à la fin du XIX siècle sans tenir compte de ce qui s´est passé les 19 siècles précédents, et qui  s´est réalisé en des différentes personnes, courants et événements de l´histoire ; une école qui nait entre des personnes consacrées, doit-on l´admettre, dont le bagage est la spiritualité chrétienne, parce que d´elle nait, et conçue dans la discipline de l´ascétique qui règle, donne forme, corrige et modère, pour faire chemin vers la perfection de la mystique, comme le rêve du bonheur, comme le vouloir de Dieu pour les hommes et les  femmes, spécialement pour les petits du monde conçus en notre  époque comme bafoués, exclus, victimes, à qui on a enlevé leurs droits et même leurs voix.

Le rêve de l´École Amigonienne, prend forme dans la vie d´un homme privilégié de l´histoire  qui, après avoir vécu au sein de sa  famille la douleur maternelle, unie aux angoisses économiques du père, dans la dimension humaine chrétienne qui avait bu en son premier foyer, et après dans l´école franciscaine des Frères Capucins, il a su lever le vol pour écouter Dieu en son projet vital qui, conçu en son cœur, impliquait des hommes et des femmes consacrés, qui réaliseraient la proposition évangélique, contenue dans le mandat testamentaire amigonien : « …Vous, mes fils et filles aimés, à qui Il a constitué  des aide bergers de son troupeau, vous êtes ceux qui doivent aller à la recherche de la brebis égarée, jusqu´à la reconduire à la bergerie du Bon Pasteur… » (OCLA 1831).

Quand Louis Amigó, mû par l´Esprit, fonda ses deux Congrégations des Tertiaires, hommes et femmes, ce qui abrita son cœur d´enfant (Cfr. Autobiographie 8-9) vivant en son foyer et dans la société, nécessités senties (Cfr. Autobiographie 6-7)  fut le même Seigneur qui le conduisit, pour que,  dans la mission charismatique qu´ il leur lega,  il laisse entrevoir les sentiments compatissants expérimentés dans sa famille : « se consacrant avec toute sollicitude et toujours éveillés, au secours des besoins spirituelles et corporelles de ses proches… » (Cfr. OCLA 2293) et « être plus disposés à le servir dans les ministères auxquels cette Congrégation est consacrée, c´est-à-dire : l´instruction des adultes et des enfants dans les Sciences et les Arts ; au service des malades, surtout à domicile, et le régime et direction des prisons » (Cfr. OCLA 2361).

L´École Amigonienne pourrait avoir comme début le 1885, quand le Père Louis Amigó, en pleine épidémie du choléra, dit en son Autobiographie : «  En une si afflictive situation, et tenant compte que cela devait plaire grandement au Seigneur le progrès toujours croissant du Tiers Ordre, augmentée depuis peu avec la Fondation  des Religieuses Tertiaires Capucines, j´offrit au Seigneur, pour calmer sa justice et que l´épidémie du choléra termine, de redoubler mes efforts et travaux pour élargir de plus en plus le vénérable Tiers Ordre de Pénitence ; et juste à ce moment, passa par mon esprit , et s´y fixa l´idée (je ne sais par si par inspiration divine) de compléter l œuvre avec la fondation  d´une Congrégation des Religieux Tertiaires Capucins, qui se consacreraient aux condamnés et au soin et moralisation des prisonniers » (Cfr. OCLA 83).

« Lorsque la Congrégation des Tertiaires Capucins venait d´être fondée, l´Évêque de Madrid demande au Père Fondateur que ses religieux s´occupent de la direction de l´École de Reforme Sainte Rita, à Madrid, Espagne, de laquelle ils ont pris possession  fin octobre 1890… Cette maison a toujours été la plus importante fondation de la Congrégation « (Cfr. OCLA 133).

Sainte Rita, école pour les  rebelles de l´époque,  et des religieux inexperts mais avec le cœur plein des rêves  modérés par la discipline conventuelle, sont le lieu privilégié pour la naissance de l´École Amigonienne, avec un projet éducatif et pédagogique où les noms des groupes et les activités  réalisées avec les garçons, ont senti la main et le rêve de l´aimé Fondateur et de ses premiers religieux, parmi eux, spécialement, le bienheureux Domingo María de Alboraya, martyr de la Guerre Civile espagnole de 1936.

L´École de l´apprentissage-erreur, a joui de la capacité de donation des religieux, assaisonnée avec leur inexpérience pédagogique, mélange d´abandon dans les mains de Dieu et de l´exercice de la ferrée discipline exigée pour devenir des hommes nouveaux, comme réponse à l´appel de Dieu qui résonnait en eux. Lentement, avec l´assurance de la confiance en Dieu, l´exercice éducatif de bonne volonté, le dépassement de soi, la crédibilité dans l´être et l´agir, qui sont de Dieu, commença la naissance d´une méthodologie initiale – un chemin – celui de l´École Amigonienne, construit sur les bases initiales de l´ascétique et la mystique chrétiennes qui, aujourd´hui, comme le décrit la plume experte du P. Juan Antonio Vives, pourrait se définir comme le sentiment pédagogique, qui donne un seau  d´identité à l´action amigonienne et qui tourne autour de ces valeurs initiales :

  • « Croire aveuglement en la bonté naturelle de toute personne et, en conséquence, espérer contre tout désespoir.
  • L´horizon de la réalisation personnelle est la joie liée à la liberté.
  • Connaître la personne par la voie du cœur et éduquer dès l´affectueuse proximité et le cordial dévouement.
  • Aimer chaque personne en son individualité, avec une compassion extrême avec les défavorisés, selon la miséricorde évangélique.
  • Créer dans les groupes éducatifs une ambiance de famille, où l´éducateur joue le rôle de père-mère et frère ainé.
  • Être fort pour se maintenir fidèle dans la détermination d´être éducateur.
  • Être vitalement conséquent avec ce que l´on transmet, acquérant ainsi crédibilité» (Cfr. Histoire de la Pédagogie Amigonienne, Juan Antonio Vives. Pag. XXXIII).

Frère  Marino Martínez Pérez, RTC

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Migrants et refugiés dans notre expérience pastorale

La migration globale est un grand défi pour une bonne partie du monde actuel et une priorité pour l´Église Catholique. En paroles et en faits, le Pape François montre continuellement sa profonde compassion pour tous les déplacés : nous avons été témoins de ses rencontres avec des migrants et des réfugiés dans les îles de Lampedusa et de Lesbos ; de son appel à s´embrasser pleinement : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants, les réfugiés et les victimes de la traite des personnes …

Dans la ligne de synodalité que nous vivons en ces moments dans l´Église nous avons un grand défi : faire un monde de plus en plus inclusif, cheminer tous ensemble vers un nous chaque fois plus grand ; recomposer la famille humaine pour construire ensemble notre futur de justice et de paix, prenant soin de ce que personne reste exclu.

Le futur de nos sociétés est un futur « plein de couleur », enrichi par la diversité et les relations interculturelles. C´est pourquoi nous devons apprendre aujourd´hui à vivre ensemble, en harmonie et en paix.

Mon expérience pastorale avec des migrants et réfugiés en Espagne a été surtout dans le domaine de la femme  en projet de logement d´accueil et d´un travail en réseau avec des entités qui travaillent en cette ligne de la migration (Projet Ubuntu « Femmes  Migrantes »).

Il surgit le besoin de répondre à la situation précaire des femmes migrantes qui sont frappées par la dévastatrice situation sociale et économique actuelle, des femmes qui arrivent comme réfugiées pour solliciter leur asile, et, comme ces sollicitudes ne sont pas acceptées, elles deviennent des migrantes illégales. Elles sont en train d´arriver des femmes par trafic des personnes, par des pressions des réseaux d´exploitation sexuelle, dès leur pays d´origine…

On accueille ces femmes leur offrant un accueil qui les encourage à pouvoir mener un processus qui culmine avec la légalisation et l´insertion normalisée en notre société. On leur facilite information, orientation et appui dans la recherche active d´emploi ou d´autres aides sociales pour pouvoir obtenir un logement digne. Notre travail est d´accompagnement, une pastorale d´écoute et de proximité à chacune d´elles dans leurs dures situations et réalités personnelles vécues qui provoquent cette migration.

Le travail est en équipe et/ou en réseau avec d´ autres entités qui offrent des programmes d´inclusion sociale et qui travaillent avec des migrants et des réfugiés. Relation des femmes avec des groupes de la paroisse qui puissent favoriser la connaissance de la réalité socio- culturelle et de l´environnement : voisins et entourage le plus proche. Communautés et associations des pays de référence. La participation dans le département des Migrations de l´Evêché, au travers de la table des Migrations et des Réfugiés, où participent les institutions qui voient le besoin de s´unir pour faire face à des lois qui sont en train de violer la dignité des personnes migrantes, est aussi un espace important, espace d´église en ligne de synodalité, cheminant ensemble en ce grand défi de migration globale.

Au niveau social, la participation dans l´action non-violente internationale en solidarité avec les personnes migrantes, comme est « Les cercles du Silence ». Il s´agit d´un mouvement interinstitutionnel, travail en réseau, qui considère que la situation qui vivent des nombreuses personnes est extrêmement précaire et appelle à la conscience de ceux qui font les lois, de ceux qui les appliquent et des ceux au nom de qui elles sont faites, pour rendre possible une politique plus respectueuse avec la dignité des personnes. On prétend aussi  aider à prendre conscience, intérioriser  et être un élément d´interpellation à la société sur la situation de gravité  extrême qui souffrent beaucoup de personnes en Europe, tels que les réfugiés (www.circulosdelsilencio.es).

Nous avons tous en nos rétines les images des réfugiés de la guerre en Ukraine. Nous, comme Tertiaires Capucines de la Sainte Famille, nous avons donné une réponse d´action pastorale à cette réalité actuelle à travers de nos sœurs en Pologne, une action pastorale réelle et vivante. Elles- mêmes écrivaient : « Lors du premier accueil le plus important fut de transmettre : n´ayez pas peur, ici nous allons t´aider, ici il n´y a pas des bombes, ici tu es en sécurité et tes enfants aussi… Accueil et couvrir le basique … nourriture, douche, lit…

Et après l´écoute de leurs peurs, leurs pleurs, les désengagements… après quelques mois, l´écoute continue à être le plus important dans la pastorale… Nous ne demandons pas pour leur foi et ne répondons pas pourquoi arrive ceci… Nous écoutons la douleur, les mémoires et surtout les petites difficultés et joies de chaque jour et le désir de revenir à la normalité. Quand nous le pouvons, nous aidons, quand nous ne le pouvons pas, nous essayons d´être proches. Ne jamais juger les opinions et la pensée, mais accueillir avec le cœur… »

Notre Père Fondateur, hier et aujourd´hui, continue à nous induire à donner la vie pour amener le salut que le Christ nous offre à tous sans distinction, nous mettant en chemin avec l´autre, avec les autres, non pas devant mais à côté des autres, portant la miséricorde et la compassion dont le monde a besoin. Le Père Louis Amigó, homme qui a su mettre sa confiance en Dieu et répondre aux signes des temps partant du concret de la vie, est aussi la référence pour nous, Tertiaires Capucines de la Sainte Famille, à avoir les yeux bien ouverts et le cœur ardent, comme les disciples d´Emaus. Et avoir les yeux ouverts nous fait prendre conscience que nous sommes en train de vivre un moment difficile de l´histoire humaine et un moment délicat dans la vie de l´Église et de la vie religieuse, mais, en même temps, un moment de grâce, parce que nous expérimentons la présence proche et inconditionnelle du Dieu de l´histoire qui nous regarde avec des yeux miséricordieux et nous conforte. Le nôtre est d´être significatives évangéliquement et non pas seulement efficientes pastoralement.

Nous sommes tous appelés à suivre le chemin ouvert par le Pape François qui se définit comme « la révolution de la tendresse », où on nous invite à ne pas avoir peur de globaliser la solidarité pour accueillir les réfugiés el les migrants, nous rappelant qu´ils sont « la chair du Christ ».

Sœur  Matilde Mena  Moreno, Tc         

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Engagement avec la creation: Une proposition d’autosufissance

 «  La vitalité de la Terre et le futur de l´espèce humaine ne seront garantis que si nous parvenons à les douer de suffisance. Dans le cas contraire le futur peut être très obscur » (Boff, L. (2013). Qu´est-ce que c´est et ce qui n´est pas la soutenabilité)

« Nous ne sommes pas Dieu. La Terre nous précède et nous a été donnée», affirme le Pape François en sa lettre magne écologique, Laudato Si, pour répondre à l´accusation  de ce que, dans notre tradition judéo-chrétienne, le récit de la Genèse invite à dominer la Terre (cf. Gn 1,28), favorise l´exploitation sauvage de la nature, et présente une image de l´être humain dominant et destructif. Le Pape éclaircit que celle-ci n´est pas une correcte interprétation de la Bible. Aujourd´hui nous devons lire les textes bibliques en leur contexte, avec une herméneutique appropriée, et nous rappeler qu´ils nous invitent à « labourer et soigner » le jardin du monde (cf. Gn 2,15).

Tenant compte que « labourer » signifie cultiver, ou travailler, et « soigner » signifie protéger, garder, veiller sur, préserver, vigiler, ceci implique une relation de réciprocité  responsable entre l´être humain et la nature, dans le contexte de l’intime relation entre les pauvres et la fragilité de la planète, selon la conclusion du Pape dans la dite Encyclique. Ceci génère des conditions pour l´auto-suffissance ou, en un sens de plus grande projection, suffisance, définie en 1987 par les Nations Unies, comme ce qui permet de « satisfaire les besoins du présent sans compromettre l´habilité des générations futures de satisfaire leurs propres besoins ». De cette façon, un discours écologique marche de la main du discours social et nous ne pouvons pas penser en suffisance sans considérer les plus pauvres, ceux qui souffrent principalement les conséquences du mauvais maniement environnemental. Celui-ci est notre engagement avec la création : l´habiter comme un Oikos, appelé « Maison Commune » par le Pape, et entrer en altérité avec elle dans le sens de que, étant « autre », nous établissons de relations de soin et de réciprocité. Elle nous nourrit et nous soutient et, à notre tour, nous la soignons et nous permettons son rétablissement, de telle façon que l´on garantit sa perdurabilité. De même, comme œuvre de la création, doit être regardée l´humanité pour sa dignification et le bien commun, à la recherche d´un développement soutenable.

Dans ce que l´on appelle Agenda 2030 des Nations Unies, l´année 2015 établirent 17 objectifs pour parvenir à un développement soutenable (ODS) dans la planète, qui englobent trois dimensions fondamentales, sociale, économique et environnementale. Les objectifs priorisent la lutte contre la pauvreté et la faim, la défense des droits humains, l´éducation inclusive, l´égalité de genre et la prise de pouvoir des femmes, le changement vers des modèles de consommation responsables et une croissance économique respectueuse avec la planète. On les avait posés avec une vision holistique  et systémique, puisque dans le monde tout est connecté, pour être impliqués dans des scénarios locaux, régionaux, nationaux et globales, y incluant les engagements des gouvernements, le secteur privé et la société civile, dans chaque contexte particulier.

Comme Congrégation qui parie pour dignifier la vie humaine en un environnement qu´il faut soigner, nous avons été l´expression de quelques des ODS et aujourd´hui de façon spéciale, nous avons le défi de les assumer avec un plus grand engagement évangélique et missionnaire. Notre effort s´est concrétisé en six (6) des 17 ODS :

Objectif 1 : Mettre fin à la pauvreté en toutes ses formes en tout le monde. L´option préférentielle pour les pauvres, qui s´exprime avec la présence de notre Congrégation entre les exclus  et les personnes les plus vulnérables de la société.  

Objectif 2 : Mettre fin à la faim. Nous avons contribué à obtenir la sécurité alimentaire et à améliorer la nutrition dans des populations en condition de vulnérabilité comme sont les mineurs, filles adolescentes, étudiants et adultes âgés. 

Objectif  3 : Garantir une vie saine et promouvoir le bien-être de tous en tous les âges. La promotion de la santé, la prévention de la maladie et l´attention pour le bien-être et la santé, ont été l´un des piliers dans la mission évangélisatrice.

Objectif 4 : Garantir une éducation inclusive équitable et de qualité et promouvoir des opportunités d´apprentissage pendant toute la vie et pour tous. L´éducation pour la vie, clé pour sortir de la pauvreté, a arboré notre proposition évangélique.

Objectif 5 : Obtenir l´égalité entre les genres et donner du pouvoir à toutes les femmes et filles. Pour diminuer la discrimination et la violence contre les femmes, nous travaillons dans les domaines de Protection, Santé, Éducation et Promotion Sociale.

Objectif 12 : Garantir des modèles de consumérisme et production soutenables. Notre perspective est d´éduquer en permanence sur la consommation responsable et les styles de vie qui ne vont pas contre le soin environnemental  et qui, en plus, optimisent l´usage des recours.    

Les autres  objectifs nous convoquent, formant partie de la création, pour la suffisance en toutes ses dimensions, en tenant compte de la solidarité du monde. Faisons le nôtre avec la conscience d´un origine commun, d´une appartenance mutuelle et d´un futur partagé par tous, comme répète le Pape dans la Laudato Si (202), étant des filles de François d´Assise, patron de l´écologie et de Louis Amigó, l´homme de l´écologie intégrale par sa vie   harmonisée et intègre, pour nous efforcer dans des actions qui donnent autosuffisance à la nature et à la vie humaine.

Sr. Sœur Alicia Vásquez, Tc Et Gabby Vásquez

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Accompagner dans le crépuscule de l´existence “Mon expérience d´accompagnement à mes sœurs âgées et malades»

Avant de partager mon vécu  en relation à ce thème, je veux noter certains éléments qui aident à contextualiser mes paroles : Je viens d´un pays où est présente une petite portion de notre chère Congrégation; les œuvres sont de caractère missionnaire et de travail dans la pastorale paroissiale, communautés avec peu de sœurs ;  c´est pourquoi, l´un des stimulants de venir en Colombie pour la formation ou pour d´autres raisons est celui de connaitre des communautés avec plus de sœurs et de maisons avec des sœurs âgées, et planifier un voyage à Medellin inclue toujours la visite et le partage avec nos sœurs âgées et malades.

Nos Constitutions disent : Elles ont dépensé leurs énergies au service de la Congrégation et maintenant elles nous encouragent avec leur expérience et leur témoignage de fidélité au Seigneur » (Const.34).   Et c´est ainsi : les sœurs qui arrivent à cette communauté vivent une étape concrète de leur vie avec des caractéristiques propres : réduction du rythme de vie,  avoir plus de temps pour d’autres choses, spécialement la prière qui, ensemble avec la douleur, sont l´offrande quotidienne à Dieu et une forme de continuer la mission dans le monde. Aussi elles sentent l´impuissance,  la peur, la douleur, le besoin d´écoute, de compagnie et l´aide des autres, elles commencent à être dépendantes. Même si nous savons que c´est une étape normale de la vie, nous ne sommes pas toujours prêtes pour la transiter, cela nous surprend et elle suppose un processus pour s´adapter aux changements. 

Je suis en train d´accompagner la communauté « Notre Dame de Montiel » à Medellín depuis 5 mois et je partage la vie  ensemble avec un groupe des sœurs formant l´équipe d´appui de la communauté, étant les responsables immédiates de veiller à leur bien-être.

Si on me demande que signifie pour moi  cette mission ? Je réponds que, comme toute mission elle implique un service que j´accueille avec foi et bonne disposition ; une opportunité pour aimer, servir et grandir. Malgré mon inexpérience de travail en ce domaine j´ai deux clartés qui m´aident : « la mission est avec mes sœurs » et « nous cheminons ensemble ». Ceci est clé pour assumer avec amour le, au jour le jour, qui est toujours plein de nouveautés et sentir que nous sommes toutes en route à des rythmes différents, mais, ensemble comme nous le demande la synodalité. 

 

Quelques apprentissages pour la vie :

 

1. Vivre l´accueil et le respect.

En un monde où l´adulte âgé est exclu, VOIR les sœurs comme âgées ; reconnaitre qu´elles sont arrivées les premières à la Congrégation, qu´elles ont parcouru un chemin de suite et de service que nous continuons, m´aide à valoriser et respecter chacune dans sa propre réalité.

2. Sentir et exprimer gratitude.

Les sœurs qui sont dans la communauté ont dépensé leurs vies et leurs énergies vivant leur vocation et réalisant une mission, n´importe si elle était  considérée remarquable ou humble, et toutes portent le liston en haut « VOICI UNE DISCIPLE DE JÉSUS QUI A CONSTRUIT LA CONGRÉGATION », ce qui est une mérite que personne peut annuler ; pour tant, devant sa présence rien que gratitude, beaucoup de gratitude, pour honorer leur héritage. 

3. Contempler l´œuvre de Dieu, accueillir une bénédiction.

Chaque sœur est un signe éloquent de ce que Dieu est capable de faire en chaque être humain quand il le prend sur son compte ; parfois au milieu de ses limitations il n´est pas très facile de « découvrir l´œuvre que Dieu a fait en elles ». Malgré cela, en leurs vies est reflétée la fidélité et la miséricorde de Dieu et son agir sauveur. 

4. Admirer l´essentiel. 

En l´âge adulte on perd beaucoup de facultés physiques  ou mentales et il est surprenant de trouver l´essence de chaque sœur. Ce qu´elle a cultivé pendant sa vie est ce qui reste, ainsi on peut jouir de la joie, la prière, la disponibilité, la vigueur, le service actif parmi les nombreux dons que Dieu avait placé dans leurs cœurs. 

Il est beau de contempler quelques détails en ce présent des sœurs qui simplement remplit le cœur de tendresse et d´admiration : le sens de Dieu et leur relation avec Lui, non pas déjà avec des paroles nombreuses et de grands discours ; elles savent seulement être, elles sont comme des bougies au pied du tabernacle. Un grand témoignage est que, même dans leur douleur, elles cherchent la communauté et demandent : où sont toutes ? « Amenez-moi là où sont toutes ». Malgré qu´elles ne quittent plus la maison, persiste en elles le sens d´aider les autres, spécialement les pauvres, elles se soucient pour les autres, pour ceux qui les soignent, créent des liens, et partagent leur sagesse avec des mots de courage et des messages qui aident à grandir. Il est notoire aussi leur sens d´appartenance à la Congrégation ; elles demandent pour les sœurs  et aussi qu´on leur répète les noms une et encore une fois, qu´on leur dise pour qui faut-il prier et, si des jeunes en formation arrivent à ces espaces elles aiment leur raconter à plusieurs reprises leurs histoires, offrant leurs prières et leur donnant des conseils, comme les grands-mères à leurs petit-fils.

Finalement, pour qui lit ce récit, l´invitation à valoriser les adultes qui sont dans leur entourage. Ils ont beaucoup à donner. Ne perdons pas l´occasion de partager mutuellement la compagnie, la tendresse, la proximité et l’aide.    

Sr. Bilma Freire Chamorro, Tc

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Embraser la réalité personnelle, la réalité des frères et sœurs et celle de la création est le point de départ de notre chemin synodale

Avec la convocation  au XXIII Chapitre générale commença à résonner dans la prière et dans l´esprit le thème autour duquel tourne l’expérience congrégationelle-capitulaire en ses diverses phases : « Fortifiées dans l´Esprit, nous embrassons notre réalité et l´humanité souffrante, avançant avec espérance en un chemin synodale ».    

Ce thème nous situe initialement en ce qui, dans notre réalité personnelle est faible, nous proposant l´intuition de nous laisser fortifier par l´Esprit qui appelle à nous ré-enchanter, « à récupérer les grands désirs, les marques des blessures de  notre passion pour Jésus et le Royaume » (Joseph Marie Arnaiz, SM, « Du désenchantement  au  charme, passant par le ré-enchantement »), à revenir à la source qui nous avait séduit, revenir aux racines qui, peut-être, nous n´avons pas soigné et arrosé judicieusement, mais qui sont dans le meilleur terrain, celui de l´appartenance fondamentale : Jésus et son Royaume.

L´être et le faire dans le   futur de notre famille congrégationelle nous laisse déjà entrevoir des espaces et des missions bien délimitées auxquelles on est en train de nous ré-envoyer: « Embraser notre réalité personnelle, communautaire et celle de chaque Démarcation. Embraser la réalité de l´entourage où bout la souffrance de nos frères et de la création ». Une fois reconnues ces réalités, opter, avec humilité pour reprendre ensemble le chemin, pour recommencer à récréer des possibilités de réparation, de proximité, d´appui mutuelle et, surtout, de sécurité et d´espérance, avec la conviction que dans ce nouvel envoi nous n´allons pas seules et que nous pouvons susciter une nouvelle Pentecôte: comme expérience de ré-enchantement, de renaissance dans la vie pour la suite de Jésus dans la joie témoignée des disciples, stimulées et accompagnées par nos fondateurs, par leurs expériences de conversion et engagement face à l´Évangile.

François et Claire d´Assise, le Père Louis Amigó et nos sœurs de la première heure apparaissent à nouveau à coté  de nous, en nous prenant presque de la main pour nous conduire aux ruines, à nos vulnérabilités, pas seulement les externes mais aussi celles qui, au fond de nous,  gémissent  et clament compassion. « Le lépreux » exclu de la vie du groupe, de l´harmonie, de la fraternité, de l´activité, de la joie et de l´espérance, celui qui, peut-être, nous portons caché, non écouté, ignoré, pensant qu´il « peut rester là » et qu´il « supporte un peu plus ».

Cette réalité est touchée aujourd´hui dans la famille-fraternité, et elle est en train de nous inviter à l´embraser, à travailler comme sœurs dans la proximité qui conduisit à la reconnaissance, à  l´étreinte et au baiser qui transforma la réalité personnelle du lépreux et du Frère François le conduisant après à saint Damien, lieu de la rencontre avec le Christ rompu, défiguré, poussiéreux, oublié, victimisé dans le frère et la sœur avec qui nous vivons. C´est un processus de reconnaissance et d´identification lente et difficile, mais une excellente voie vers l´expérience du dynamisme réparateur de notre être, rendu capable de faire face aux  causes internes et externes  de notre insécurité et égoïsme orgueilleux, accueillant la possibilité de trouver des nouvelles réalités, nouvelles recherches dans le chemin pascale de la Congrégation. 

Nous situer comme consacrées, comme des laïcs engagés, avec la réalité personnelle qui nous accompagne aujourd´hui, devant l´amour extrême qui conduit à Jésus jusqu´a la croix, est l´opportunité de sentir la projection de cet amour, dans le don des frères, avec qui il est possible de fusionner des réponses, qualités, attitudes, idéaux, options, forces, et de recommencer en mettant notre petit grain de sable dans le renforcement de la vie et la vocation, de l´identité et la mission comme Tertiaires Capucines, devant l´humanité qui, de même, souffre des nouvelles, profondes et graves vulnérabilités : «  le flagelle de la misère, la faim, le manque d´emploi, les maladies sans possibilités d´accès aux centres de santé, la non scolarisation, le travail enfantin et juvénile pour la survivance de la famille, la traite des femmes et d´enfants, le trafic d´organes, le manque de maison, les déplacements, les guerres, les administrations politiques et même 

ecclésiales corrompues, et enfin, les esclavages et les injustices de toutes sortes, le cri de la destruction de la maison commune et la « culture du rejet » qui touche surtout les femmes,  les migrants et refugiés, les personnes âgées, les peuples originaires et les afro-descendants » …Cela blesse, « l´impact et les conséquences  de la pandémie qui augmente davantage les inégalités sociales,  impliquant même la sécurité alimentaire d´une grande partie de notre population. Cela blesse la clameur de ceux qui souffrent à cause du cléricalisme  et l´autoritarisme dans les relations, qui conduit à l´exclusion des frères, des laïcs, surtout des femmes dans les instances de discernement et la prise des décisions sur la mission dans l´Église … préoccupe « le manque de prophétisme et de solidarité effective avec les pauvres et les vulnérables… »    (cf. Message final de l´Assemblée ecclésiale de l’AL et le Caribe). 

Cette mer de situations anti-Royaume, continue à reconnaitre dans la vie consacrée, des femmes, sœurs et disciples porteuses d´espérance, assistées par l´Esprit du Seigneur, qui rend nouvelles toutes les choses ; et on confie et on attend que « l´on rentre avec des chants de l´expérience capitulaire de la Congrégation », offrant des fruits compatissants d’écoute, de discernement et du pardon et d´une attitude missionnaire plus sensible, décidée et risquée pour designer, créer et étrenner des formes d´annoncer  pour  cheminer ensemble, rendant possible un nouveau monde, une création revitalisée  par la fraternité active, simple et mineure, impulsées para la spiritualité franciscaine-amigonienne et décidées à mettre en commun  pas seulement les vulnérabilités  mais les possibilités, intuitions, exigences, vocation, options, nous contrariant nous-mêmes, contrariant des habitudes, projets, sécurités, formes de vie et de penser. 

Alors nous commencerons à vivre le XXIII Chapitre Général comme un pas en avant dans le chemin de restructuration de notre style de vie et mission, célébrant le banquet des noces où, si on a vidé les  jarres de vin et si nous sentons la menace de le fin de la fête, nous pourrons aussi sentir la femme qui a su dire OUI sans limites même au milieu du chaos ; elle nous montre la tâche qui libère de la tristesse, l´abattement, la méfiance, la crainte qui souvent nous envahi : « Faîtes ce qu´Il vous dira … » et le banquet capitulaire, personnel, communautaire, rendra agiles nos mains, nos volontés et notre liberté pour faire déborder les jarres vides et nous permettre de gouter le meilleur vin nouveau et la capacité de reprendre la motivation et l´option initiale et source  de notre profession religieuse, de notre engagement  face à la vie en abondance pour tous, face à la plainte multipliée par tant des christs, tant de voix, tant de réalités qui nous demandent : « Va et répare ma maison ».

Sr. Ana Mora, Tc

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Assumer le défi de faire silence pour ecouter

Année « Famille Amoris Laetitia »

Le 19 mars 2016 fut signée l´Exhortation Apostolique post-synodale « Amoris Laetitia » (La joie de l´amour), dans la famille. Ce document fait un résumé des deux synodes sur la famille convoqués par le Pape  François dans les années 2014 « La famille dans le contexte de l´évangélisation » et l´année 2015, « La vocation et la mission dans la famille, dans l´Église et dans le monde contemporain ».

Amoris Laetitia marqua le début d´un chemin qui  encouragea  une nouvelle perspective pastorale vers la réalité de la famille.

François expliqua que l´Exhortation « acquiert un sens spécial » pour deux raisons : « je la comprend comme une proposition pour les familles chrétiennes, qui les stimule à valoriser les dons du mariage et de la famille, et à soutenir un amour fort et plein des valeurs comme la générosité, l´engagement,  la fidélité et la patience » et, en plus, elle « essaye d´encourager tous pour qu´ils soient signes de miséricorde et de proximité là où la vie familiale ne se réalise pas parfaitement ou ne se développe pas avec paix et joie ».  

Le cinquième anniversaire de l´Exhortation apostolique arrivé, le pape François annonça une année consacré aux familles. Cette année est reconnue officiellement comme l´année « Famille Amoris Laetitia » et on invita tous les catholiques à réfléchir sur l´amour dans la famille, illuminés par l´Exhortation qui reprit l´expérience et les défis des familles d´aujourd´hui  et leur vocation. Cette année « Famille Amoris Laetitia » commença le 19 mars 2021 et conclura le 26 juin 2022 avec la  Xème Rencontre Mondiale des Familles à Rome.

La Tertiaire Capucine en communion avec l´Église

Pour les Tertiaires Capucines cela représenta un défi pastoral qui les conduisit à se situer dans le contexte d´une mission exercée depuis le confinement, qui fit germer au sein des familles d´autres pandémies : Maltraitance intrafamiliale, abandon, divorces, dépression, solitude, vices, non sens et relativisme…

Dès l´intérieur du charisme amigonien jaillit l´inquiétude de motiver la réflexion pastorale de la dite Exhortation et de participer, dès la créativité de chaque œuvre et de chaque communauté dans la planification  et le vécu  de cette année. Le Pape François a dédié l´Année Amoris Laetitia à la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, patrons de la Congrégation des Sœurs Tertiaires Capucines de la Sainte Famille et modèles proches à notre humanité, qui, dans leur disponibilité à faire la volonté de Dieu, leur obéissance et écoute, continuent à illuminer et marquer  le chemin pour construire l´église domestique.

Saint Joseph gardien de l´Année de la Famille

 Proposer à saint Joseph comme gardien de l´Année de la Famille, c´est l´affirmer comme exemple de l´amour paternel et de la valeur et la dignité du travail. Selon la tradition il travailla comme un simple menuisier dans la ville de Nazareth. Aujourd´hui, après trois années marquées par la pandémie (COVID 19), tant l´amour paternel comme la dignité du travail sont devenus des éléments essentiels pour la santé et le bien-être de nos familles et communautés. Cet amour paternel donné à Marie et à Jésus leur a donné support et liberté ; et aujourd´hui il nous enseigne à nous arrêter pour  nous laisser accompagner par la spiritualité de Nazareth, la spiritualité de l´écoute, le dialogue et l´obéissance.   

Dans l´action d´écouter il devient nécessaire de faire silence et se vider des mots. Dans la Sainte Famille de Nazareth, ce silence fut disponible et généreux capable de faire réalité le rêve de Dieu : « Tu seras la mère de l´Emmanuel… qu´il se fasse en moi » (cf. Lc 1,26-38). « Prends Marie et l´enfant et fuis en Egypte… il se mit en chemin quand il faisait encore nuit » (Mt 2,13-14), faisant ainsi vie les paroles que plus tard dirait Jésus : « Heureux ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique » (Lc 11, 27-28). C´est au sein du foyer que Jésus enfant apprit que c´et ainsi que l´on est bienheureux, heureux. C´est dans la famille que nous apprenons à écouter pour suivre les instructions et obéir.

Proposition

Il est nécessaire que le sommet de l´Année de la Famille devienne une nouvelle étape propositive, où nous puissions continuer à écrire les pages post Amoris Laetitia et que les réalités émergeantes et latentes au sein de la famille soient accompagnées  et illuminées par cette lettre post synodale.

Mettons en pratique le silence pour écouter Dieu, nous écouter nous-mêmes et entre nous, puisque uniquement ainsi émerge le créatif, le nouveau, ce que Dieu veut susciter au sein de l´Église, de notre église domestique.

Le fait de cheminer en synodalité  est la proposition qui bouge aujourd´hui au sein de l´Eglise et, ce sera dès l´engagement de chaque membre de la famille qui accueille et vive son rôle, qu´il sera possible écouter, discerner  et construire le dialogue nécessaire pour sauver  la vie et l´amour dans la famille.

Que Marie, Mère de l´Église et Reine des familles, intercède  pour nous.

Sr. MARIULIS GREHAN, TC