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Chemin synodal, chemin capitulaire

Le Synode des Evêques est en soi-même, une Assemblée d´Évêques des différentes régions du monde, même si le Pape a l´habitude d´inviter aussi à des religieux et des laïcs, hommes et femmes, pas seulement comme auditeurs mais avec la possibilité d´intervenir, offrant leurs points de vue. L´Assemblée ordinaire est célébrée habituellement en octobre, tous les trois ou quatre ans. Le Synode des Évêques est une institution ecclésiale ancienne, qui fut revitalisée par le Concile Vatican II (1965). La première Assemblée  s´est réalisée en octobre 1967 et, la dernière, la XV, en 2018. En plus, en ce temps, on a aussi célébré trois Assemblées générales extraordinaires et dix spéciales des continents ou des régions.

 différence des Conciles, qui ont la capacité de définir des Dogmes et de légiférer (toujours avec l´accord du Pape), les Synodes sont seulement consultatifs et ont comme mission primaire  conseiller le Pape dans le thème proposé (divers en chaque Assemblée) partageant la vision des différentes réalités du monde et de renforcer l´unité comme Eglise universelle. 

Maintenant, depuis octobre 2021, nous sommes en train de travailler au niveau de tous les diocèses sur la XVI Assemblée des Évêques qui se réunira en octobre 2023, avec le thème de la Synodalité. Nous sommes tous convoqués pour une Église synodale : communion, participation et mission. « Synodalité » veut dire « Cheminer ensemble » et c´est ce que la nature de l´Église réalise le mieux puisqu´elle est communauté des croyants unis comme des frères, autour de Jésus, Peuple de Dieu pèlerin pour porter la lumière de l´Évangile, en semant l´amour et l´espérance,  à notre monde.    

C´est le désir du Pape, que tout le Peuple de Dieu, puisse participer, c´est-à-dire, tous les baptisés sans exclusion : évêques, prêtres, consacrés et fidèles laïcs, même ceux qui se trouvent dans des situations marginales. Que l´on vive un processus ecclésial participé et intégrateur, pour que tous puissent s´exprimer et être écoutés et profiter la richesse et la variété des dons et des charismes que l´Esprit distribue  librement, pour le bien de la communauté et en faveur de toute la famille humaine.

Ce cheminer ensemble requiert un processus spirituel d´écoute vraie les uns des autres, de la tradition de la foi et des signes des temps, pour ainsi discerner entre tous ce que Dieu nous dit. Le discernement communautaire aidera à construire des communautés florissantes et résistantes pour la mission de l´Église et pour qu´elle puisse cheminer mieux ensemble avec toute la famille humaine, sous le guide de l´Esprit Saint.

Eh bien, un Chapitre général comme le XXIII Chapitre général que les Sœurs Tertiaires Capucines de la Sainte Famille allons célébrer à Rome du 8 septembre au 4 octobre de cette année 2022, est comme un Synode au niveau de Congrégation et il ressemble plutôt à un Concile par son pouvoir de décision qui marque le cheminement futur de la Congrégation  et  où on choisit la Supérieure générale et son Conseil. Ensemble, en synodalité, se fortifie notre identité  et mission au service de l´Église et du monde et s´exprime en la participation, communion et collaboration de tous les membres, ce « cheminer ensemble » avec les mêmes attitudes spirituelles indiquées en parlant du Synode. 

Voici le logo et la devise de notre Chapitre, en étant le thème: « Fortifiées dans l´Esprit, nous embrasons notre réalité et à l´humanité souffrante, avançant avec espérance en un chemin synodal ». 

C´est providentielle la coïncidence des deux événements : cheminer ensemble est notre identité de Congrégation ; nous professons les mêmes Constitutions, nous anime le même esprit et charisme et, le vivre comme une authentique fraternité d´amour et mission, nous caractérise comme disciples de François d´Assise, l´humble frère universel, de même que les traits d´ouverture aux autres et de passion apostolique, qui nous lega Notre Père Fondateur, Louis Amigó. 

Toutes, nous sommes déjà immergées dans le processus synodal, ecclésial et capitulaire essayant de laisser l´espace à l´Esprit pour qu´Il nous guide et  fasse de nous,  des instruments de salut ensemble avec tous les autres croyants et, en particulier, avec nos sœurs de Congrégation. Nous avons déjà célébré les « conversatoires » et autres activités d´ évaluation et d´élections  et, surtout, notre prière de chaque jour demandant l´action de l´Esprit  pendant tout le processus capitulaire.

Comme nous le recommande notre Supérieure générale, Sr. Ana Tulia López, soyons des femmes synodales, commençant dans la propre communauté, humbles dans l´écoute de cœur à Dieu, à sa Parole, aux autres  et aussi à l´humanité souffrante qui nous entoure et à laquelle nous servons particulièrement dans nos œuvres.

Ouvertes à l´action de l´Esprit Saint, nous pourrons expérimenter des merveilles ; en phrase du Pape François aux jeunes, «  Germeront des rêves et fleuriront des espérances » et nous donnerons la réponse de fidélité qui nous corresponde. 

Sr. María Elena Echavarren, TC

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Accompagnement dès l´icone de L´Abbé Menas

Le désir et l’intérêt pour les icônes s´est suscité en moi, depuis un temps, quand  je me suis approchée à l´explication et l´approfondissement de l´icône de Saint Damien et j´ai découvert une autre manière d´aborder un texte biblique, par le sens théologique qu´ils renferment, et j´ai commencé à goûter la richesse de cet art et les implications qu´il commence à avoir dans notre spiritualité. 

Quand nos sœurs de l´Équipe des communications m´ont demandé de partager mon expérience d´accompagnement à partir de cette icône, je me suis sentie heureuse et, c´est avec plaisir et simplicité que je la partage parce que, à plusieurs reprises en ce cheminement de la formation il a été le motif de ma prière et inspiration dans la délicate tâche d´accompagner.

L´ŒUVRE DANS SON ENSEMBLE : 

Nous sommes devant une icône copte (Eglise égyptienne) du siècle IV-VII, provenant d´un monastère égyptien et qui, actuellement  se trouve au Musé de Louvre à Paris. L´icône mesure  plus au moins, 57×57 cm et elle a une épaisseur de 2 cm.  

Quand l´art copte est devenu chrétien (à partir du siècle V), il commença à incorporer à ses œuvres des thèmes religieux. C´est ainsi que l´icône a surgit. Pour le chrétien orthodoxe  l´icône est une image sacrée portable, objet de vénération et de culte, de même que les reliques des saints et des martyrs.

Au Vème siècle on créa un style innovateur basé dans l´altération des proportions et mesures anthropophysiques, de là les traits du carré. L´icône de l´amitié (comme il est connu), incorpore ce style. L´œuvre du Christ et l´Abbé Menas est encadrée en un support carré de bois noble, qui était le matériel typique de l´époque pour faire les icônes (rezar con los iconos.com  Granada).

Je veux rehausser quatre aspects  de cette œuvre et sa relation avec l´accompagnement.

1. ENCADRÉS  EN UNE AMBIANCE CONCRÈTE 

Même si cela n´est pas facile parce qu´ils semblent statiques, on pourrait dire qu´ils se trouvent  en un parage naturel, en chemin, par l´espèce de couleur dorée qui ressemble à la poussière des pieds ; en plus, la position en face indique mouvement. 

La formation se réalise dans un contexte et une ambiance concrète, on accompagne une personne  située historique et géographiquement dans une société, un groupe humain, une culture, une famille. 

On peut appliquer à cette icône le texte des disciples d´Emaus qui est devenu un paradigme de l´accompagnement : « Jésus en personne s´approcha et se mit à cheminer à leur côté » (Lc 24,15). En plus, un autre texte qui exprime familiarité, affection et implication est celui de Jn 15,15 : « Je vous appelle amis parce que je vous ai fait connaitre tout ce que j´ai appris de mon Père ». Il y a un commentaire de Charles Mesters qui peut nous aider bien à approfondir et réaliser ses gestes et paroles en nos processus et ambiances  de formation. Il le décrit ainsi : « Jésus est l´ami qui vit avec eux et fait partie de leur vie : il mangeait avec eux, marchait avec eux, soufrait avec eux. C´était à travers ce vivre ensemble qu´ils se formaient » (3ème semaine de catéchèse Brésil X/2009). 

C´est l´expérience vitale de celui qui accompagne de nous sentir toujours en chemin, découvrant comment la vie de Jésus et sa suite transforme et donne plein sens  à notre propre vie et à celle de l´accompagnée. Cela exprime en plus la pédagogie de Jésus dans l´accompagnement : être proche mais sans  attachement.

2. LE  GESTE  AMI  DE  JÉSUS  AVEC  L´ABBÉ  MENAS

Un des gestes les plus significatifs de Jésus  est la chaleur humaine exprimée dans la confiance, l´accueil, l´amabilité, l´acceptation, la liberté, éléments essentiels pour l´accompagnement. Celui qui accompagne est une personne ouverte, disponible, toujours disposée à accompagner à celui qui arrive. Avec responsabilité et conscience de ses limites.  N´importe que ce soient des personnes saines ou qu´elles aient des biographies plus complexes.

Accueil inconditionnel de la personne et de ce qu´elle exprime, ouverture sincère sans moralismes ni confusions, acceptation des rythmes propres. Qualités basiques pour cheminer à coté de ceux qui nous ont été confiés.

3. LE VISAGE, LE REGARD DE L´ABBÉ EST D´UNE CERTAINE CRAINTE, EMERVEILLEMENT, PERPLEXITÉ, SURPRISE OU ILLUSION  

Attitudes qui contrastent et qui se manifestent chez une grande partie de nos accompagnées, montrant ainsi humilité, ouverture, étonnement, ou, peut-être un « je t´aime » tel que tu es. Manières d´être que nous trouvons et qui nous invitent à cultiver la minorité et à laisser de coté ce qui est superficiel, et aussi les apparences et les préjugés. Avoir toujours un regard appréciatif face à chaque sœur et chaque personne que nous rencontrons sur notre route.

On nous invite à nous exercer dans l´art d´apprendre à écouter, élargir le cœur pour que se produise la proximité et que se produise la vraie rencontre  qui aide et que souvent guérit et rétablie. 

La propre expérience de nous laisser accompagner, la capacité d´exprimer notre vie face à  qui  nous accompagne, nous apprend à être patientes, compréhensives et compatissantes avec les autres et nous rend capables de trouver les chemins qui font grandir et avancer. 

4. JESUS  SOUTIENT « LE  LIVRE  DES  ÉVANGILES »,  MENAS  LE  ROULEAU  DE  PAPIRE

Comme si l´Abbé Menas prenne note de ce qu´il veut apprendre du Christ, ou ce que le Christ lui apprend. Il exprime une attitude de réceptivité et accueil face au processus d´apprentissage, processus qui se produit dans le chemin et les faits de la vie.

Le geste peut aussi s´appliquer à la reconnaissance de l´accompagnée comme instrument de formation pour l´accompagnatrice ; nous nous formons et nous grandissons en formant et accompagnant les autres. Cela montre que dans la dynamique de la formation il y a un enrichissement mutuel et l’animation à un style de vie.

Laissons-nous regarder par ce Bon Ami qui nous a appelés à sa suite. Qu´en notre mission nous puissions sentir la proximité, la tendresse, l´offre de soi de Jésus avec la certitude que, tandis que nous donnons le meilleur de nous, nous serons des instruments fragiles en ses mains parce que…

Personne n´alla hier, 

ni va aujourd´hui, 

ni ira demain,

vers Dieu 

par ce même chemin

par lequel je marche.

Pour chaque homme il garde

un nouveau rayon de lumière le soleil…

et un chemin vierge

Dieu  (León Felipe)

HERLINDA INÉS MAESTRE GÁMEZ, TC

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Pâques 2022

Il semblerait que, pour nous, il devrait être aujourd´hui plus facile de croire dans la Résurrection de Jésus, pas seulement  parce que nous trouvons au Nouveau Testament plusieurs passages sur cet événement qui fut révélé, en premier lieu par Lui-même et après par ses disciples qui ont raconté ses apparitions, mais parce que nous avons l´évidence de ce que l´Église est, depuis plus de deux mille ans, en train d´annoncer cette vérité qui est le fondement de notre foi chrétienne. Malgré cela, de même que les disciples d´hier, nous aussi, qui suivons le Seigneur, nous devons expérimenter le mystère pascal  en notre propre vie, et c´est ici que nous devons vérifier  si nous avons adhéré à Jésus par une croyance qui nous suffit pour nous accommoder à une vie selon nos convenances et critères, ou nous sommes du coté de ceux qui font de leur foi une expérience de rencontre avec ce Dieu compatissant qui soufre et meurt par amour, mais qui ressuscite avec gloire pour détruire tous les ennemis de la personne humaine, spécialement le péché  et la mort. Certainement, et Dieu- merci, même si nombreux parmi nous se placent en ce deuxième groupe, devant notre propre réalité et celle qui vit le monde, la confrontation avec le Ressuscité est une tâche quotidienne, vigilante et urgente parce que nous faisons la route vers le ciel promis et avec l´assurance de ce que son Esprit va avec nous, notre chair est faible et les traces du péché se laissent voir de toute part permettant que les incroyants ou les indifférents continuent à penser que, pour les chrétiens Jésus n´est pas une Personne mais un récit fantastique registré dans la Bible.

En ce sens, et face à ce que nous vivons à l´intérieur de nous-mêmes, de nos familles, de l´Église et du monde, on remarque souvent un regard avec peu d´espoir sur le présent et le futur de l´humanité, les images qui se font virales chaque jour et qui n´exposent que les diverses faces de l´injustice, la maladie et la mort, causées par le péché  qui s´incarne dans l´abus du pouvoir, le manque d´amour et de respect de la vie en toutes ses formes. Souvent, nos dialogues et nos rencontres se centrent  en combien nous sommes mal et nous vivons mal  parce que celle-là est la réalité, mais elle n´est pas toute la vérité.  C´est exactement ce qui est arrivé aux apôtres qui ont accompagné Jésus pendant son ministère et que, après sa mort, sont restés impactés et déconcertés voyant mourir cruellement leur leader, en voyant aussi que, en trois jours,  le rêve du « Maître »  qui parlait d´un royaume nouveau, plein de justice et de paix, est devenu néant.  Devant ce dénouement inespéré ils  ont été remplis des doutes, de peur, de frustration et d´une terrible déception pour la vie, mais au milieu de ce panorama de mort, attrapés par la plus obscure des nuits, surgit la présence victorieuse de Jésus ressuscité qui est pour toujours le Dieu de la Vie et se déclenche la vérité qui nous rend libres, nous aussi. 

Celle-ci est la bonne et grande nouvelle qui s´est propagée parmi eux quand Jésus apparaissait  en ces scénarios de tristesse, de déception et d´échec où ils s´étaient réfugiés. Maintenant il y avait de la joie, leurs yeux ses sont ouverts, leurs esprits et leurs cœurs ont comprit que sans la mort il n´y a pas de résurrection, ils ont célébré avec Jésus sa victoire sur la mort manifestée en sa présence chargée des gestes qu´ils connaissaient bien, mais que, maintenant ils percevaient plus consciemment. La mort de Jésus les avait prostré mais sa résurrection les a levé et les a poussé à sortir vaillamment pour annoncer, convaincus, que la croix n´a pas été la fin mais le début d´une nouvelle ère pour toute l´humanité.

Par ce qu´on vient de dire, je vois opportun de profiter que nous sommes proches de vivre dans l´Église une nouvelle Pâques et de reconnaitre humblement que nous avons besoin aussi de continuer à nous rencontrer avec Jésus ressuscité pour nous secouer la poussière qui a collé à nos pieds  le long du chemin empêchant que nous voyons les fruits de sa résurrection dans les personnes et dans le quotidien de la vie. En ce sens, en tant que Tertiaire Capucine, je veux conclure cette simple réflexion me référant au nº 5 de nos Constitutions  qui nous recommande justement d´être attentives aux signes des temps comme attitude caractéristique de notre Père Fondateur et poser comme une tâche pour vivre en communauté et avec les laïcs, l´accueil du processus synodal qui vit l´Église comme chemin de communion, participation et mission. C´est un appel qui nous fait le pape François pour cheminer ensemble comme expression de la valeur suprême de la fraternité qui se nourrit du Ressuscité, Pain de Vie et qui renouvelle l´engagement du Baptême et sa coresponsabilité dans la mission évangélisatrice dans le monde d´aujourd´hui.  

Sr. ELIZABETH CABALLERO  GREEN, TC



Vivre  Pâques !  La plus grande joie du croyant est bien exprimée par Saint Paul : « Si le Christ n´est pas ressuscité, autant mon annonce que votre foi n´ont pas de sens » (1 Cor 15,14). Le Concile Vatican II proclama ce fait ecclésial comme racine et source, centre et sommet » (Lumen Gentium 10,11,12 ; Ad gentes 9 …).

Nous distinguons dans le mystère de la Pâques du  Christ  l´histoire et le mystère en soi, l´événement historique frontal et la réalité sacramentelle permanente dans l´Église ; cette dernière constitue proprement le mystère pascal dans sa vie, clé de l´année liturgique et fondement du vivre chrétien comme « ressuscités avec le Christ » (cf. Col  3,1) .

Être chrétien est se greffer dans la réalité surnaturelle du mystère pascal. Se déconnecter de la forme consciente et inconsciente de la réalité salvifique de  Pâques  c´est ne pas être chrétien. Le Christ  s´est soumis jusqu´à la mort et une mort en croix. C´est pourquoi Dieu lui a donné le nom sur tout nom » (Phil 2, 8-9)

Le mystère central de Pâques englobe de manière intégrale le processus unitaire des événements salvifiques : mort du Verbe incarné en sa condition de victime solidaire et vie nouvelle, résurrection et co-résurrection avec le Christ. C´est la trilogie pascale « calvaire, sépulcre et résurrection », exhortant chaque croyant à la transformation intérieure par le vécu personnel du mystère régénérateur de mort au vieil homme en Christ et avec le Christ. Le vécu conscient et responsable du chemin du carême doit conduire au sommet de la nouvelle existence en Christ ressuscité. De là que l´Église, et en elle notre Congrégation, provoquent la rencontre personnelle avec Dieu dans le mystère consommé de son Fils : « Nul ne va au  Père que par moi » (Jn 14,6). Dans l´aujourd´hui de l´histoire, la Congrégation nous interpelle et nous conduit à rendre présent le mystère pascal entre les personnes auxquelles nous annonçons l´évangile, partageant avec elles la réalité qu´elles vivent chaque jour : faim, manque de travail, abandon et prépotence des gouvernements dictatoriaux, entre autres, semant la confiance et l´espérance dans la résurrection de Jésus-Christ notre Seigneur. C´est l´Esprit qui nous pousse et nous stimule dans l´action évangélisatrice.

Le Soleil s´est réveillé, c´est Pâques, le Christ est ressuscité, c´est le premier jour de la nouvelle création. En ce contexte, le Pape François nous dit : « Ne vous fatiguez pas de faire le bien ».

Joyeuses, continuons à vivre fidèles à Dieu en cette famille charismatique, toujours engagées avec la réalité.

Sr. ARELYS MARTÍNEZ, TC 

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Nous continuons encore à croire et à parier

En ce temps  de tant de changements, quand il semble qu´il n´y a plus de chemin,  quand la nuit semble avoir gagné, ta voix dicte la sentence, Je suis avec toi (cf. Mt 28, 20).

Quand nous parlons de la réalité si difficile  qui vit notre  monde, la première chose  que nous posons est qu´il nous manque conscience du soin que nous devons avoir avec lui pour préserver son existence, et c´est une phrase que nous avons écouté et répété à satiété, «  le monde est comme il est parce que nous manquons de conscience » mais, ceci sera tout-à- fait vrai ? ou c´est-ce une phrase qui s´est corrompue avec le temps et qui s´est usée, tellement nous l´avons répétée ?

Face à la saturation de tellement d´information, apparait le fantôme du désespoir et de l´ indifférence, avec la phrase lapidaire : CELA NOUS LE SAVONS DÉJÀ.  Pour nous sauvegarder de ce fantôme, l´éthique du soin nous  presse à  aider les autres, de telle façon qu´on ne peut plus se poser l´OMISSION. Nous  constatons le besoin, nous nous sentons obligés à procurer que cela soit résolu ; et ceci se base  dans la compréhension du monde comme un réseau des relations  dans lequel nous nous sentons insérés. Depuis la Genèse (Gn 1, 28) Dieu nous a confié la tâche de soigner et  dominer la terre et aujourd´hui le Pape, conscient de la crise écologique planétaire, nous exhorte  à développer « un nouveau paradigme de compréhension de la relation entre l´espèce humaine  et la nature. Partant de la catégorie biblique de la création, on conçoit le monde  comme un don de Dieu, organique et fragile, qui doit être aimé, respecté et réglé selon la même loi de Dieu (…) La solution est dans l´union et dans l´harmonie entre l´écologie environnementale et l´écologie humaine. 

Nous ne pouvons pas fuir notre responsabilité ni la tâche que nous avons  devant le monde ; il est urgent et nécessaire de prier, de réfléchir et de nous unir pour  arrêter cette autodestruction ; nous devons soigner, récréer et défendre notre planète, nous avons le besoin  dominant d`articuler une écologie environnementale et une écologie humaine. Ainsi l´a exprimé Bernard Toro : «  nous vivons une paradoxe, d´abord en tant qu´espèce humaine, nous avons crée toutes les conditions pour disparaître : changement climatique (réchauffement globale), l´usage (abus) de l´eau, la consommation excessive d´électricité, l´accumulation de la richesse chez un petit nombre, qui génère faim chez beaucoup, les limites et la détérioration des territoires (fracking, extraction minière illégale, taille indiscriminée des forêts) ; tout ceci nait de notre mauvaise relation avec la planète. D´autre part nous avons crée toutes les conditions pour nous reconnaitre comme une seule espèce puisqu’elles  n´existent  pas,  les races, mais une espèce  avec différents teintes de peau (…) Et l’internet, le tourisme, la globalisation, l´interculturalité, la migration, nous ont unis en réseau et si nous le voulons nous pouvons nous sauvegarder en supprimant les frontières qui  nous séparent, nous divisent, nous affrontent et nous détruisent.

En paraphrasant ce que le Pape a dit en plusieurs de ses discours devant les catastrophes naturelles qui a vécu le monde, il affirme toujours que le monde créé par Dieu, est beau, un,  et harmonique, mais, que l´être humain, dans la mesure où il se place au centre  de la création, il se situe au dessus du Tout ; ses intérêts égocentriques, introduisent une fracture, une désharmonie qui conduit le monde au chaos et à la perte de l´équilibre qui le caractérise. La racine, donc, du mal, de la rupture, est la logique de l’égo qui consiste à vivre selon les intérêts propres. 

Le mauvais usage de la liberté humaine est la genèse de la dévastation environnementale que nous subissons. Nous vivons une crise principalement anthropologique : pour guérir cette blessure de l´ écosystème, il faut d´abord guérir la fracture au-dedans de l´homme ; garder est égal à soigner- guérir.

C´est pourquoi  il est urgent de reprendre les principes essentiels de l´éthique du soin  qui est avant tout une forme de vie, qui donne priorité aux relations humaines autour du soin  compris comme l´affection en sa dimension maximale. Le soin de soi-même, le soin de l´autre, le soin de ce qui est à tous ; comme il est bien expliqué dans l´encyclique Laudato Si, la maison commune est l´affaire de tous ; ou bien nous nous unissons et nous engageons ou bien nous disparaissons par notre propre main. 

Carol Gilligan, en faisant une étude sur les actions humaines avec des femmes, différente de celle que son maître Kohlberg  avait faite (uniquement avec des hommes), disait entre autres choses que «  les femmes nous nous  préoccupons des autres, nous avons une plus grande capacité émotionnelle, nous sommes plus sensibles, nous priorisons les besoins plus que l´accomplissement strict des devoirs et l´exercice des droits. Aux femmes il leur est un peu plus facile le respect à la diversité et elles essayent de satisfaire les besoins de l´autre, pas uniquement selon son travail mais selon les besoins ».   

Il est temps de changer la perspective dans la relation  de chacun avec les autres et avec le monde : il s´agit de « passer du consumérisme au sacrifice, de l´avidité à la générosité ». Tout changement de comportement et surtout de mentalité, nécessite des motivations concrètes  et d´un chemin pédagogique qu´il faut élaborer tous ensemble, et en ce point, les consacrés, nous avons beaucoup à apporter.

En nous regardant à la lumière de cette réalité, nous, les Sœurs Tertiaires Capucines  de la Sainte Famille, nous sentons poussées à nous engager d´avantage, pas seulement comme communautés locales, en faisant des bonnes choses, comme essayer de bien mener notre vie  communautaire, recycler, épargner de l´énergie, ne pas contaminer les rivières et les mers entre autres initiatives ; aussi il est nécessaire de parier dès l´institutionalité pour travailler en réseau avec d´autres puisque nous avons plusieurs avantages : d´abord nous sommes des femmes qui possédons cette sensibilité naturelle qui jaillit de nos entrailles, de notre maternité spirituelle nous obligeant à ne pas être indifférentes devant celui qui souffre. Aussi, nous sommes des femmes consacrées à la recherche de la profondeur spirituelle qui n´est autre chose que l´identification avec  la personne de Jésus et ses actions (cf. Gal 4,19) ; Lui, il s´est laissé émouvoir profondément par l´hémorroïsse, la veuve de Naïm,  la sirophénicienne , le lépreux, l´aveugle du chemin, entre autres ; et d´un autre côté nous sommes les héritières d´une riche spiritualité franciscaine-amigonienne, où l´amour fraternel est universel, englobant la création et le cosmos ; la compassion et la miséricorde sont des axes transversaux de notre agir. 

Il est aussi nécessaire de tisser le réseau en rapport avec l´écologie humaine et notre option pour l´humanité, avec la certitude qu´on doit aimer toutes les personnes. Gilligan, explique aussi que, le bienêtre humain et le fait de rendre soutenable le milieu ambiant dépendent de  la diversité bioculturelle, de son interaction et de sa transformation temporelle, comprenant que : La biodiversité est essentielle pour le fonctionnement correct des services qui maintiennent la stabilité des écosystèmes et la dignité de ses habitants. La perte de biodiversité est associée à la rapide croissance des populations humaines, leur concentration aux noyaux urbains avec un modèle de consumérisme insoutenable qui est uni à l´augmentation des résidus et des contaminants, à  des conflits véliques et à un très lent avancement de l´égalité dans la distribution du bienêtre et des recours.

L´inégalité sociale  a des racines très profondes dans l´inégalité sociale héritée de génération en génération, qui sont difficiles d´éradiquer et pour contrecarrer ceci il faut nous unir au cheminement des autres pour que la voix soit plus forte et qu´ elle parvienne aux ouïs de ceux qui meuvent les fils du monde, mais pas seules, mais en communion avec l´Église et avec toute l´humanité spécialement dans les frontières où la vie clame parce qu´elle en danger  d´extinction.

Carlos Cullen de manière poétique dit ainsi : « Si nous savons être en étant et nous ne prétendons  pas être non pas étant, nous nous occuperons de l´autre, comme la façon la plus profonde  de comprendre le soin de soi ».

Et, finalement, devant l´hécatombe qui approche si nous ne nous convertissons pas, on comprend dès l´écologie humaine que :  il y a deux superstructures de l´ambiance culturel, qui conditionnent les cycles :  La première est l´argent qui module la quantité et la qualité de vie dans les différents groupes humains ; la deuxième c´est l´information, diffusée avec une énorme rapidité au travers les nouvelles technologies, qui conditionne les patrons de comportement social  en tous leurs aspects, incluant ceux qui sont en relation avec le gaspillage et le consumérisme démesuré des recours. Uniquement lorsque nous prendrons conscience et nous continuerons à parier pour le Royaume des cieux, la fraternité et la communion avec tous, la situation du monde et de la planète sera inversée.

« Et nous continuons encore sur ton chemin, notre Dieu fait homme, maître et guide, et nous vivons encore si convaincues que le Royaume est notre utopie. Et nous continuons encore amoureux de ta personne et de ton projet et nous rions encore et nous chantons tellement obstinés d´un monde nouveau » (Hymne 50 ans de la CLAR)

SŒUR CILIA IRIS BONILLA, TC   

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Le sens de la vie

Ouvrir les yeux et respirer chaque jour est un cadeau, et trouver le sens de notre existence est quelque chose à laquelle nous aspirons définitivement. Vivre avec  un objectif requiert un travail conscient et permanent avec nous-mêmes.

Chacun a une histoire personnelle et, partant de mon expérience, je suis parvenue à comprendre  que, l´objectif de la vie, n´est pas un lieu auquel arriver ou un but à atteindre, c´est un chemin que l´on parcourt d´une façon très personnelle. Parfois ce chemin est plat mais souvent c´est un chemin escarpé dans lequel il faut apprendre à cheminer pour croitre.  

Même si, parfois, nous trouvons un  sens à ce que nous sommes en train de vivre, je peux assurer qu´en chaque expérience, Dieu a eu un objectif  spécial qui m´a fait  aller plus loin.

Penser à mon origine, la famille à laquelle j´appartiens, les personnes avec lesquelles j´ai dû  interagir, mon travail, les pertes matérielles et humaines auxquelles j´ai dû faire face, problèmes de santé et tout ce qui enferme mon histoire personnelle jusqu’ à ce moment,  ont généré en moi un sentiment de gratitude qui m´a permis de découvrir, surtout aux moments difficiles, paix et force.   

Au début de l´année 2019, j´ai reçu le diagnostic d´un cancer de sein et, même si cela fut une nouvelle inespérée et déconcertante, j´ai eu l´opportunité, en beaucoup des moments, d´expérimenter l´amour et le soin de Dieu (je suis une personne de foi). Par exemple, à l´hôpital où j´ai reçu le traitement j´ai trouvé un lieu accueillant  et une ambiance  chaleureuse, avec un personnel médical engagé et de grande sensibilité humaine, ce qui a fait que la situation de ma maladie soit devenue beaucoup plus supportable, au point de parvenir  à trouver en moi la conviction d´être privilégiée malgré la circonstance, et ceci a aidé grandement  le processus de la maladie et la croissance personnelle.

Tout ce processus m´a permis de  ré-envisager la valeur du sens de ma vie et avec cela chercher l´objectif auquel j´ai été appelée, m´efforçant maintenant  beaucoup plus à laisser de côté les préjugés, les peurs, les insécurités et tout ce qui est un  obstacle à mon esprit libre. 

Pour moi, vivre en liberté c´est jouir de chaque jour comme s´il était le dernier, parce que, chaque moment, chaque jour,  est unique et irrepetible.  Me sentir reconnaissante et satisfaite avec ce que j´ai, jouir de l´amour que je reçois et pouvoir aimer les autres, appréciant chaque détail  et convaincue de ce que, même si nous ne pouvons pas choisir ce qui nous arrive, nous pouvons certainement choisir la façon de lui faire face.

Je suis aussi parvenue à comprendre qu´une vie bien vécue a beaucoup à voir avec le fait de servir les autres. Souvent nous laissons de faire des faveurs aux autres parce que nous sommes trop occupés, comme si nous avions peur de perdre le temps ; mais, aider ceux que l´on croisse sur notre route, loin de nous enlever quelque chose, nous enrichit. Le temps que nous investissons à servir les autres n´est pas gaspillé, mais il se transforme. Je suis sure qu´aider nos semblables nous aide nous-mêmes, parce que notre existence acquiert un plus grand sens, et devient ainsi une excellente façon de croissance personnelle.  

Quand nous découvrons le sens de notre vie et vivons de manière passionnée ce que nous faisons, et lorsque nous sommes capables  de le transmettre chaque jour,  tout change. Notre auto estime est améliorée, nous nous sentons utiles et valables, optimistes et positifs ; ceci provoque un effet transformateur, pas seulement en nous-mêmes mais aussi dans les personnes qui nous entourent, puisqu´il se génère un effet multiplicateur qui bénéficie tout l´entourage.

Donc, courage, nous sommes en ce monde pour être heureux. Quand tu te réveilleras chaque matin, respire, sourie et remercie Dieu pour la vie et tout ce qu´elle t´offre. 

GABRIELA MORA ABARCA

(Psychologue  au Collège « Notre Dame des Désemparés » – Costa Rica)

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François: Le Jubilée de 2025 signe de rennaissance, d´espérance et de confiance

Le Saint Père a envoyé une Lettre à Mgr. Rino Fisichella, Président du Pontifical Conseil pour la Promotion de la Nouvelle Evangélisation, Dicastère auquel on confie l´organisation du Jubilé de 2025, et la responsabilité de trouver les façons appropriées pour que l´Année Sainte soit préparée et célébrée avec  foi intense, espérance vivante et charité agissante. 

Renato Martínez – Cité du Vatican

« Le prochain Jubilé peut aider beaucoup à rétablir un climat d´espérance et de confiance, comme signe d´une nouvelle renaissance que nous percevons tous comme urgente ». C´est ce qui écrit le pape François dans sa lettre adressée à Mgr. Rino Fisichella, Président du Pontifical Conseil pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation, Dicastère auquel on confie l´organisation du Jubilé ordinaire du 2025 qui a comme  devise « Pèlerins de l´Espérance ».

Le Jubilé, un don spécial de grâce

Dans sa missive – signée en Saint Jean de Latran, le 11 février 2022, Mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes – le Saint Père rappelle que, le Jubilé a été toujours un événement de grande importance  spirituelle, ecclésiale et sociale dans la vie de l´Eglise. « Dès que Boniface VII institua la première Année Sainte en 1300 – avec cadence de cent ans, qui passa après à être cinquante, selon le modèle biblique, et ultérieurement fixé à vingt-cinq – le peuple fidèle de Dieu a vécu cette célébration comme un don spécial  de grâce, caractérisé par le pardon des péchés et, en particulier, par l´indulgence, expression plénière de la miséricorde de Dieu ». 

« Les fidèles, généralement à la fin d´un long pèlerinage, accèdent au trésor spirituel  de l´Église traversant la Porte Sainte et vénérant les reliques des apôtres Pierre et Paul conservées dans les basiliques romaines…  donnant ainsi témoignage vivant de leur foi perdurable ». 

Vivre l´Année Sainte dans toute sa signification pastorale

De même, le Pape François signale que, le grand Jubilé de l´année 2000 introduisit l´Eglise dans le troisième millénaire de son histoire. Saint Jean Paul II l´avait espéré et désiré tant, avec l´espérance que tous les chrétiens, surmontées leurs divisions historiques, puissent célébrer ensemble les 2000 années de la naissance de Jésus-Christ, sauveur de l´humanité. Maintenant que nous nous approchons des premiers vingt cinq ans du siècle XXI -affirme le Pontife- nous sommes appelés à mettre en marche une préparation qui permette au peuple chrétien  de vivre l´Année Sainte en toute sa signification pastorale ». 

En ce sens, une étape importante a été le Jubilé extraordinaire de la miséricorde du Père, pour que, à notre tour, nous puissions être ses témoins.

Deux années de souffrance et des limitations

Le Saint Père rappelle que, les deux derniers années il n´y a pas eu un pays n´ayant pas été affecté par l´inespérée,  épidémie qui, en plus de nous faire voir le drame de mourir en solitude, l´incertitude et la  fugacité de l´existence,  a aussi changé notre style de vie. Comme chrétiens, signale le Pape, nous avons passé ensemble avec nos frères et sœurs les mêmes souffrances et limitations. Nos églises ont été fermées, de même que les  écoles, usines, bureaux, commerces et espaces récréatifs. Nous avons tous vu limitées certaines libertés et, la pandémie, en plus de douleur, a réveillé parfois le doute, la peur et la perplexité en nos âmes. Les hommes et les femmes de science, avec grande rapidité, ont trouvé un premier remède qui permet, petit-à-petit, retourner à la vie quotidienne. 

« Nous confions pleinement que l´épidémie puisse être surmontée et que le monde récupère ses rythmes  des relations personnelles et de vie sociale. Ceci sera plus facile d´atteindre dans la mesure où on agisse de façon solidaire, pour que les populations les plus défavorisées ne restent pas sans attention mais que l´on puisse partager avec tous les découvertes  de la science et les médicaments nécessaires ». 

Le Jubilé peut aider à rétablir l´espérance

D´ici dérive l´invitation du Pape François de « maintenir allumée la flamme de l´espérance qui nous a été donnée, et  de  faire tout le possible pour que chacun récupère la force et la certitude de regarder le futur avec l´esprit ouvert, le cœur confié et amplitude de regard ». C´est pourquoi,  affirme le Pontife, le prochain Jubilé peut aider beaucoup à rétablir un climat d´espérance, et confiance, comme signe d´une nouvelle renaissance que nous tous percevons urgente. Pour cette raison j´ai choisi la devise  Pèlerins de l´Espérance. Tout ceci sera possible si nous sommes capables de récupérer le sens de la fraternité universelle, si nous ne fermons pas les yeux devant la tragédie de la pauvreté  galopante qui empêche à des millions d´hommes, des femmes, des jeunes et d´enfants de vivre de manière humainement digne. Je pense spécialement aux nombreux réfugiés qui se voient obligés à abandonner leurs terres.

« Combien j´aimerais que les voix des pauvres soient écoutés en ce temps de préparation du Jubilé qui, selon le temps biblique, rend à chacun l´accès aux fruits de la terre : « ils pourront manger  tout ce que la terre produira pendant son repos, toi,  ton esclave et ton journalier de même que ton invité qui réside avec toi ; et aussi le bétail et les animaux qui sont dans la terre, ils pourront aussi manger tous ses produits » (Lv 25,6-7). 

Ne négligeons pas le soin de notre Maison commune

L´Évêque de Rome indique donc que, la dimension spirituelle du Jubilé, qui nous invite à la conversion, doit s´unir à ces aspects fondamentaux de la vie sociale, pour former un ensemble cohérent. Nous sentant tous pèlerins dans la terre où le Seigneur nous a placé, pour la cultiver et la soigner (cf. Gn 2,15), ne négligeons pas, tout au long du chemin, la contemplation de la beauté de la création et le soin de notre maison commune. J´espère que l´Année Jubilaire prochaine, soit célébrée et vécue avec cette intention.

« En fait, un nombre chaque fois plus grand de personnes, beaucoup des jeunes et des adolescents inclus, reconnaissent que le soin de la Création est l´expression essentielle de la foi  en Dieu et de l´obéissance à sa volonté ». 

Foi intense, espérance vivante et charité opérante

Le Pape François confie donc à Mgr. Fisichella la responsabilité de trouver les façons appropriées pour que l´Année Sainte soit préparée et célébrée avec foi intense, espérance vivante et charité opérante.  Le Dicastère qui promeuve  la nouvelle Évangélisation saura faire de ce moment de grâce une étape significative pour la pastorale des églises particulières, autant latines qu´orientales, qu´en ces années sont appelées  à intensifier son engagement synodale. Dan cette perspective, le pèlerinage vers le Jubilé pourra fortifier et manifester le chemin commun que l´Église est appelée à parcourir pour être de plus en plus signe clair et instrument d´unité dans l´harmonie de la diversité. Il serait important d´aider à redécouvrir les exigences de l´appel universel à la participation responsable, avec la valorisation des charismes et des ministères que l´Esprit Saint ne cesse d´octroyer pour l´édification de l´unique Église.

L´année 2024 une grande «  symphonie » de prière 

Le Saint Père précise aussi dans sa lettre que, la Bulle de convocation, qui sera publiée en son moment, contiendra les indications nécessaires pour la célébration du Jubilé de 2025. En ce temps de  préparation, je me réjouis de penser que l´année 2024, qui précède l´événement du Jubilé, puisse se consacrer à une grande « symphonie » de prière; avant tout pour récupérer le désir d´être dans la  présence du Seigneur, de l´écouter et de l´adorer. Prière pour remercier Dieu pour les multiples dons de son amour pour nous et  pour louer son œuvre  dans la création, qui nous engage à la respecter et à agir de façon concrète et responsable pour la sauvegarder. Prière comme voix « d´un seul cœur et un seul esprit » qui se traduit en solidarité et partage du pain de chaque jour. Prière qui  permet à chaque homme et chaque femme de ce monde, de s´adresser au Dieu unique pour lui exprimer ce qu´il a dans le secret de son cœur. Prière comme voie maîtresse vers la sainteté, qui nous mène à vivre la contemplation dans l´action.

En définitive, une année intense de prière, où les cœurs puissent s´ouvrir pour recevoir l´abondance de la grâce, faisant du « Notre Père », la prière que Jésus nous apprit, le programme de vie de chacun de ses disciples ». 

Demandant à la Vierge Marie de nous accompagner  dans le chemin de la préparation à l´événement de grâce du Jubilé, le Pape François conclut sa missive en remerciant Mgr. Rino Fisichella et ses collaborateurs  auxquels il  donne sa Bénédiction Apostolique. 

https ;//www.vaticannews.va/es/papa/news/2022-02/papa-francisco-carta-jubileo-monsenor-rino-fisichella-2025-inici.html

   



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24/7 En Famille

Lorsqu´on pense dans la famille, il est facile de se rappeler des milliers des situations que nous accompagnons ou écoutons ou même que nous vivons à l´intérieur de nos propres entourages familiers. Notre spiritualité, justement enracinée au sein de la Famille de Nazareth, nous réclame cette présence, cette parole et ce geste toujours opportun et nécessaire en un scénario si important que celui de l´entourage familier dans la vie humaine.

On a voulu appeler cet article 24/7 EN FAMILLE, pour représenter analogiquement que le vécu familier  implique la totalité de l´être. Entrer et sortir, nuancer le temps à la maison avec le temps en dehors, c´est le propre de la vie et  ce à quoi habituellement on appelle quotidienneté et qui se compose d´activités, habitudes, coutumes, idiosyncrasies et formes de mener en avant les obligations, les routines, le temps de  détente et d´affection. Le quotidien est armé d´une infinité de petits détails qui deviennent naturels à tel point qu´ils se tournent imperceptibles et deviennent si invisibles et courants qu´ils peuvent arriver à s´automatiser.

Uniquement quand pour une certaine raison, on traverse des situations réellement cruciales comme c´est le cas de la pandémie en ces temps, ou aussi lors d´un accident, une perte ou  n´importe quel autre événement qui interrompe le cours de la vie quotidienne, on constate que nous sommes liés à nos coutumes. 

Entrer et sortir, comme nous venons de dire, fut le commun de notre vie, mais que se passe-t-il  quand, par obligation on ne peut pas sortir ou simplement la vie impose de façon précipitée et hostile, changer les habitudes et rythmes de vie ?

Chaque famille a ses points forts et ses valeurs dont elle se sent orgueilleuse ; ils sont des motifs pour expérimenter gratitude et même satisfaction. Mais aussi des points faibles, des zones difficiles de conflit et problématiques avec lesquelles il faut combattre. Pour tant, en ces temps-ci, il vaut mieux une pause de ce qui n´est pas résolu et de ce qu´on voudrait modifier et faire place à la patience, la compréhension et la joie. 

Pour tous les êtres humains, la famille est l´élément identitaire qui marque et définit presque au complet sa façon d´être dans le monde, ses valeurs, sa manière de se mettre en relation et même, ses options de conscience. Que ce soit parce que on a eu le privilège de grandir au sein d´une famille qui a beaucoup des liens et qui offre une base sûre comme appui à l´auto-affirmation du moi dans l´étape infantile, préadolescente  et/ou juvénile, parce qu´elle offre appui aux idéaux de vie, sécurité émotionnelle et  solvabilité économique aux besoins vitales d´un être humain. Ou, au contraire, parce que, en elle, on laisse de côté tout ce que nous venons de dire et, pour cela, on fait face à la vie avec peur, abandon, rage ou douleur.  

L´appartenance sera toujours un besoin vital qui presse de suppléer pas seulement par rapport au matériel, mais, en plus, qui procure contention émotionnelle. On peut être parents, fils ou frères ; quelque soit le rôle où on se trouve il sera nécessaire de s´expérimenter comme faisant partie d´une famille 24/7, c´est-à- dire à temps complet et sans perdre de vue l´individualisation et le projet personnel, trouver là la solidité humaine qui garantit une vie pleine de sens et de valeur.

On ne peut pas parler de la pandémie en temps passé, parce qu´il est évident qu’on doit encore faire face à un cumul de situations et menaces avec lesquelles ce fait historique a changé le rythme quotidien de la vie. Mais on peut dire quelque chose par rapport à des situations comme celle-ci : Des situations semblables ont déjà donné l´opportunité de relire et interpréter beaucoup d´aspects de la vie, que les coutumes et routines ne permettaient pas de remarquer. 

« Les humains, souvent, nous sommes ainsi : Dans les situations les plus difficiles nous avons l´habitude de trouver des recours que nous ne soupçonnions même pas  avoir, et il est aussi fréquent qu´aux moments d´horreur surgisse le merveilleux, comme ces fleurs qui grandissent dans les cailloux »  (Rodriguez, s.f).

Il est temps de regarder dès l´intérieur vers l´extérieur tous les insoupçonnés recours qu´a suscité ce temps et même si chaque famille a sa propre et singulière façon de mener sa vie, et bien sûr, que ceci vaut aussi pour les jours normaux loin de la pandémie ou dans la pandémie, en définitive, on ne devrait pas parler des formules magiques pour que le temps que nous vivons ensemble soit « idéal ». Ce qu´on pourrait certainement dire par rapport à ceci est que devoir être temps de qualité 24/7 ne symbolise pas que l´on devrait être ensemble, mais, mieux encore, tout le temps où nous devons nous sentir « faisant partie de …» Aucun devrait rester en dehors du dialogue, de l´écoute, du baiser et de la compréhension nécessaire pour qu´ il trouve là, l´amour inconditionnel que dans  d´autres milieux est toujours conditionné. 

Sr. Sandra Milena Velásquez Bedoya, tc

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Message pour la journée mondiale de la vie consacrée 2022

“CHEMINANT  ENSEMBLE”

La vie consacrée est au cœur même de l´Eglise » (Vita consecrata nº 3). Ce sont les paroles de l´exhortation apostolique  post-synodale sur la vie consacrée qui recueillant  le riche soutien  de l´héritage  du Concile, a marqué, comme sûre boussole, le chemin de tous les consacrés pendant ces derniers vingt cinq ans. Comme don précieux et nécessaire  pour tous les chrétiens, la vie consacrée déploie son être dans la vie, la sainteté et la mission ecclésiale.

Suivant la stèle du Concile Vatican II, le Pape François a convoqué tout le peuple de Dieu à se situer en « mode synodal » convoquant une Synode sous le titre « Pour une Église synodale : communion, participation et mission », qui  culminera en octobre 2023. Le regard est placé à  « nous orienter, pas occasionnellement mais structuralement, vers une Église synodale ». La raison l´avait déjà expliqué le pape quelques années avant : Le chemin de la synodalité est le chemin que Dieu attend de l´Église du troisième millénaire ». Et l´Église « n´est pas autre chose que ce « cheminer ensemble » du peuple de Dieu par les sentiers de l´histoire qui vient à la rencontre du Christ le Seigneur ». 

En un sens ample et de façon plus générique, la synodalité désignerait : « Le style particulier qui qualifie la vie et la mission de l´Église exprimant sa nature comme le fait de cheminer ensemble et de se  réunir en assemblée du peuple de Dieu convoquée par le Seigneur Jésus dans la force de l´Esprit Saint pour annoncer l´Evangile. Il doit s´exprimer dans la manière ordinaire de vivre et d´agir de l´Église. Ce modus vivendi et operandi se réalise moyennant l´écoute communautaire de la Parole et la célébration de l´Eucharistie, la fraternité  de la communion et la responsabilité et participation de tout le peuple de Dieu, en ses différents niveaux et dans la distinction des divers ministères et rôles, en sa vie et mission ».

Les  consacrés sont des « chercheurs et témoins passionnés de Dieu » dans le chemin de l´histoire et dans les  entrailles de l´humanité. Cheminer ensemble est un exercice de besoin et une expérience de beauté. Le besoin nait de l´exigence de l´Eglise de fortifier les synergies en tous les domaines de la mission. La beauté jaillie en contemplant le témoignage de ceux qui sont appelés par la même vocation à vivre en fraternité et à donner la vie pour le Royaume au service des frères. 

De cette façon, recueillant l´invitation du Pape François, la XXVI Journée de la vie consacrée a comme devise : « La vie consacrée, cheminant ensemble ». En évoquant la catégorie chemin, nous ne pouvons que tourner notre regard  à Jésus lui-même qui se proclama « chemin, vérité et vie » (Jn 14,6), qui parcourut le chemin de la montée à Jérusalem jusqu´à la croix pour rétablir une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes (Lc 9,51) et une fois ressuscité, « Il se mit à cheminer avec eux » (Lc 24,15) pour découvrir aux disciples la vérité de la Parole, la force du sacrement et le dynamisme de la mission.

Reprenant l´expérience du Seigneur, la foi des premiers chrétiens fut identifiée comme « le chemin » et dans les premiers pas de la communauté apostolique nous avons déjà un référent fondamental dans le Concile de Jérusalem (Actes 15) où les catégories chemin, discernement et église ont  trouvé leur point de rencontre et sont arrivées ainsi à cristalliser dans la doctrine des Pères : « Synode est le nom de l´Eglise ».

Pour la vie consacrée, l´invitation à cheminer ensemble suppose le faire en chacune des dimensions fondamentales de la consécration, l´écoute, la communion et la mission.

Cheminer ensemble dans la consécration signifie être conscients de l´appel reçu,  de la vocation partagée et de la vie donnée. Au fond, cela suppose se rendre compte de ce que, à Dieu on ne le trouve qu´en cheminant. Uniquement quand nous nous mettons en recherche (ton visage je chercherais, Seigneur) et nous nous laissons rencontrer par Lui, se produit la rencontre miraculeuse entre l´appel divin par pure grâce et la réponse humaine totale et sans conditions. Partager le chemin comme des pèlerins de l´éternité nous rappelle à tous la force de la dimension prophétique  de la vie consacrée, qui trouve sa source dans la suite de Jésus et dans la force de la fidélité de savoir qui nous a appelé et en qui avons-nous mit notre confiance   (cf. Tim 2,12). Quand les personnes appelées à une spéciale consécration sont capables de déployer cette confiance pleine en Dieu, alors il est possible qu´elles soient une voix et une interpellation « pour réveiller le monde ». La conviction que ce temps synodal est temps de grâce et temps de l´Esprit anime tous les consacrés à renforcer la consécration en vivant ce moment comme une opportunité de rencontre et proximité avec Dieu et avec les frères. 

Cheminer ensemble dans l´écoute de la parole de Dieu. Ce chemin commun pour rencontrer Dieu ne peut se faire que dès l´écoute qui est une autre des clés fondamentales de la synodalité : « Une Église synodale est une Église de l´écoute, sachant que, écouter est plus qu´entendre ». Aiguiser l´ouï pour écouter l´Esprit, les frères avec qui on partage la vie et l´humanité blessée avec ses joies et ses tristesses, c´est la meilleure garantie pour cheminer ensemble par les sentiers de la fidélité à la propre vocation. La vie consacrée qui nait de l´écoute de la Parole et qui accueille l´Évangile comme norme de vie, peut être considérée « comme une « incarnation » de la parole même de Dieu, écoutée méditée et intériorisée ». Il est temps d´intensifier la prière, qui est, pour toute vie chrétienne, comme l´air dont nos poumons en ont besoin. Quant à elle, la vraie écoute requiert trois conditions : réciprocité, respect et compassion. Elles sont toujours nécessaires la sincère communication, l´empathie et l´ouverture du cœur, pour recevoir la vérité que l´on puisse nous communiquer. Uniquement ainsi, les consacrés peuvent trouver les chemins d´une authentique  croissance et  se convertir en témoignage interpellant au milieu de la société, laquelle ferme parfois les ouïs à la voix de Dieu et au cri des plus faibles.

Cheminer ensemble dans la communion. Les consacrés sont appelés à être dans l´Église et dans le monde des « experts en communion », témoins et artisans de ce «  projet de communion » qui constitue le sommet de l´histoire de l´homme selon Dieu. Cette communion doit se manifester, en premier lieu, avec Dieu, aimé sur toutes les choses ; en plus, avec tous ceux avec qui on partage la vie, la prière et la mission dans l´expérience quotidienne, en configurant ainsi un signe de fraternité. Finalement, la communion s´ étend à toute l´humanité ayant  besoin de cicatriser des blessures et soigner des plaies. La communion ecclésiale, qui n´entraine pas uniformité,  est le sceau du discernement et la vérification du chemin synodal. C´est pourquoi, cheminer ensemble en unité et harmonie invite les consacrés à renforcer la communion à l´intérieur des familles charismatiques, avec d´autres Instituts, favorisant l´intercongrégationalité et, surtout, dans l´église locale, en intensifiant l´implication et la participation dans la vie diocésaine.

Cheminer ensemble dans la mission suppose découvrir «  la douce et réconfortante joie d´évangéliser » (EN nº 80) et expérimenter simultanément  la joie de croire et celle de communiquer l´évangile. Nous savons qu´une Église synodale est une Église en sortie et que la synodalité est ordonnée à animer la vie et la mission évangélisatrice de l´Église. La mission en clé synodale passe par  le dialogue, l´écoute, le discernement et la collaboration de tous les acteurs de l´action missionnaire. Pour la vie consacrée, cheminer ensemble suppose renforcer la coresponsabilité et l´engagement dans la mission de l´Église locale apportant ses dons charismatiques sans jamais perdre de vue la disponibilité à l´Église universelle. Cette mission qui doit être réalisée en communauté missionnaire se traduit en multiples formes, que ce soit dès la prière du cloître, la liturgie de la paroisse, la chambre de l´hôpital, la classe de l´école ou dans la rencontre à pied de rue. Les consacrés, chacun avec ses dons et charismes, contribuent à enrichir la mission de l´Église et même à rendre possible que la semence de l´Évangile puisse arriver par capillarité aux milieux beaucoup plus profonds.  

Pendant que nous avançons dans le chemin synodal, nous rendons grâces à Dieu par le don de la vie consacrée qui enrichit l´Église avec ses vertus et charismes et qui montre au monde le témoignage joyeux de la donation radicale au Seigneur. Pendant qui continuent à être mémoire et signe scatologique, les personnes consacrées édifient le corps du Christ et sont témoins du Royaume au milieu du monde. De cette façon, rêvant ensemble, priant ensemble et participant ensemble contribuent décisivement à ce que l´église synodale ne soit pas un  mirage, mais un vrai rêve qui peut devenir réalité.

Commission Episcopale pour la Vie  Consacrée (écrit par : IGLESIAACTUALIDAD) 

 

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La Joie de Noël !

“Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple: aujourd´hui vous est né un Sauveur, le Messie, le Seigneur” (cf. Lc 2, 10-11)

 L´Ange le dit aux bergers  et ils furent en courant, le voir et le célébrer près de l´Enfant dans la  mangeoire avec Marie et Joseph et ils glorifièrent Dieu. Aussi les Mages d´Orient, à la fin de leur traversée, « en voyant l´étoile ils furent remplis d´une immense joie, et ils virent l´Enfant avec Marie, sa mère et se prosternant, ils l´adorèrent et  lui offrirent leurs dons d´ or, encens et myrrhe » (cf. Mt, 10-11).

La tradition catholique, selon les pays, nous  a transmis des expressions, des signes et d´habitudes de joie et d´allégresse dans la célébration de Noël. Ici en Espagne, on a créé un mot  tendre et charmant : Nochebuena, (Bonne Nuit), c´est le diner en famille, intime et sacré. Nochebuena est nuit de chants de Noël (« villancicos »), et nuit de la Messe du Coq , à minuit, même si, dans certains lieux et par diverses circonstances,  on commence à avancer l´heure.

Il est surprenant et agréable de  constater que Noël, comme temps de fête et de joie, s´est répandu au monde entier ; que ce soit par des raisons commerciales ou pour quelque chose de plus, les villes se remplissent des lumières et des couleurs et les célébrations en famille se multiplient. En un mot, Noël est un temps aimable et festif dans le monde actuel, mais, peut-être, pour la plupart, sans connexion avec la foi ni avec la naissance de Jésus.

Pour nous, croyants, Noël est Jésus lui-même. Le motif de notre joie  est la contemplation de l´Incarnation : Dieu est entré dans notre histoire pour nous libérer de notre péché et nous rendre partie prenante de la filiation divine. Il plaça sa tente au milieu de nous  pour faire partie de nos vies, guérir nos blessures et nous donner une vie nouvelle. La joie est le fruit de cette intervention du salut et de l´amour de Dieu en nous.

NOËL, TENDRESSE DE DIEU

Au Fils de Dieu, fait l´un de nous, nous le voyons sous la douceur et la faiblesse d´un enfant nouveau-né, et en plus dans la plus grande pauvreté, sensible manifestation de l´immense tendresse de Dieu. C´est fut saint François d´Assise qui vécut intensément cette dimension : «  Avec préférence aux autres solennités, il célébrait  avec une ineffable joie la naissance de l´Enfant Jésus ; il l´appelait la fête des fêtes, où Dieu, fait tout petit enfant, fut nourri par les seins de mère humaine. Il représentait en son esprit des images de l´enfant qu´il embrassait avec avidité ; et la compassion envers l´enfant qui avait pénétré en son cœur, le faisait balbutier des mots de tendresse à  la façon des enfants. Et ce nom était pour lui comme miel  dans sa bouche » (2 Celano 199).

Plus tard, un disciple de François, Saint Bonaventure, écrivit dans la même ligne et selon la spiritualité médiévale  de la sainte humanité de Jésus, l´opuscule des cinq festivités de l´Enfant Jésus, l´une d´elles étant celle du Saint Nom de Jésus qui passa à la liturgie. En plus, François, deux ans avant sa mort, nous laissa un autre grand témoignage : On est proche de Noël et il se trouve au village de Greccio, et, mu par son grand amour et dévotion, il représente la naissance de Jésus selon les données évangéliques et avec les gens du village : ce fut la première Crèche vivante, qui deviendra tradition chrétienne et qui est  l´ exemple vivant et palpable de son spiritualité de la tendresse de Dieu (cf. 1Cel 84-86).

JOIE POUR TOUS : Rencontre et Partage

Dans le message de l´Ange on nous dit que cette joie annoncée est pour  tout le peuple, c´est-à-dire, la joie de Noël implique RENCONTRE, communication, joie partagée et célébration ; il n´y a pas de fête en solitude, la fête requiert rencontre des personnes pour partager la vie et les biens comme échange des dons.

 Noël du pauvre

Mais, particulièrement, en raison de notre foi, de l´amour et de la justice la joie doit arriver aux plus pauvres et nécessiteux grâce au partage généreux de tous, avec ce que chacun possède.  C´est ce qu´on fait dans toutes les paroisses et Institutions, « le Noël du pauvre » pour que la joie parvienne à tous. Celle-ci était aussi la sensibilité de saint François : « Il voulait qu´en ce jour, les riches donnent de la nourriture en abondance aux pauvres et aux affamés  et que les bœufs et les ânes aillent plus de fourrage qu´à l´habitude. Si je parvenais à parler avec l´Empereur- disait il- je lui demanderais de dicter une disposition générale par laquelle tous les puissants seraient obligés a verser du blé et du grain sur les sentiers, pour que, en une si grande solennité  tous les oiseaux, surtout les sœurs alouettes, aient en abondance » (2Celano 200). Poésie et mystique, oui, qui atterrit en actions concrètes !

 Et la joie de la fraternité

Dans la société civile, en plus des rencontres de famille, elles sont aussi  communes d´autres rencontres au niveau des membres  des organisations, de travail … C´est que Noël est une invitation à la rencontre festive. Comme croyants il serait très positif de préparer ces réunions  dans des communautés religieuses, groupes, etc.  Comment voulons-nous vivre spirituellement  et en fête ce temps si intime et si beau ? Avec les différentes initiatives, nous pouvons avoir des agréables surprises : chants de Noël, crèches, garnitures, visites… Il serait très beau de vivre notre Noël avec saint Joseph et la Vierge Marie à la crèche de Bethleem.  HEUREUX NOËL À TOUS !

Acclamez le Seigneur avec des cris de joie parce qu´ il a envoyé d´en haut son fils aimé  qui est né de la bienheureuse Vierge sainte Marie et qui fut mis en une mangeoire parce qu´il n´y avait pas de place à  l´auberge. Gloire au Seigneur Dieu dans les hauteurs et, dans la terre, paix aux hommes  de bonne volonté ! (Saint François d´Assise – cf. OfP, Psaume XV).

Sr. Mª ELENA  ECHAVARREN SORBET, TC

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Noël dans le monde : Noël en Pologne et en Allemagne

Célébrer  Noël en Pologne est quelque chose de magique. Je partagerais avec vous seulement quelques coups de pinceau sur ce temps si spécial. L´ambiance de Noël en Pologne  commence à être perçu déjà pendant l´Avent avec les messes avant  l´aube appelées « roraty ». Leur nom vient d´un chant liturgique en latin qui commence avec les mots « Rorate caeli desuper » , qui signifient « Que les cieux descendent d´en haut » . Les personnes qui participent au  « roraty », surtout les enfants, amènent à la messe leurs  lanternes et illuminent l´église obscurcie. La nuit de Noël  est le moment culminant   des fêtes polonaises. Le diner de Noël commence dès que la première étoile apparait dans le ciel, qui rappelle l´ étoile de Bethleem  qui avait conduit les mages jusqu´à l´enfant  Jésus nouveau-né. Le diner commence avec la prière et la lecture de l´Évangile de Luc sur la naissance de Jésus. Après tous partagent « oplatek » (un pain blanc de fine consistance, préparé comme hostie), échangeant les vœux de Noël. C´est un symbole de réconciliation et de pardon. En toutes les maisons en Pologne il est très commun que dans la table on trouve une place vide, mais avec assiette et couverts. L´habitude de faire ceci est pour pouvoir recevoir une personne inattendue. En plus, en dessous de la nappe on laisse un peu de foin ; c´est la façon de symboliser la naissance de Jésus dans une mangeoire. Le menu du souper est composé de douze plats parmi lesquels règne la soupe de betterave avec des « uszka »  (petites  « empanadas » remplies de champignons) et la carpe. Après le diner  on jouit du moment où on chante les chants de Noël (en Pologne il y en a plus de cinquante) et on ouvre les cadeaux. À minuit, les familles vont aux Églises pour participer à la solennelle Eucharistie appelée « Pasterka » et adorer l´Enfant Jésus.

Sr. GOSIA SKIBA, TC

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En Allemagne aussi, déjà le temps d´Avent est plein des traditions et des symboles. Les villes et les rues, de même que des nombreuses fenêtres des maisons s´allument avec des ornements des lumières. Dans les  vieilles villes on trouve les petits marchés ambulants de Noël. Les nuits, les familles allument souvent la couronne de l´Avent autour de laquelle on chante, on lit quelque histoire, on joue, on peint, on prie… Aussi le calendrier de l´Avent devient une aide, surtout pour les enfants, afin d´attendre et de préparer le cœur pour le Noël. C´est un tableau avec 24 petites fenêtres, où chaque jour on en ouvre une et derrière elle on cache une sucrerie, un conte, une proposition à réaliser… Depuis quinze ans, dans des nombreuses paroisses chrétiennes on réalise un « calendrier d´Avent vivant » : 24 familles, Institutions ou Organisations  décorent une fenêtre de leur maison. Pendant la nuit, les voisins, les  paroissiens ou d´autres personnes, se réunissent devant cette maison dont la fenêtre est illuminée et là on lit un conte, on chante un chant de l´Avent et, à la fin, on prend un verre de vin ou un  jus de fruit chaud et on mange une sucrerie, des biscuits ou le « Christstollen », le gâteau typique de Noël, qu´on a préparé avant à la maison. La nuit de Noël  continue à être pour les allemands la fête la plus importante, une fête des rencontres, d´union, où la famille se réunit, célèbre autour d´un repas spéciale, échange des cadeaux en dessous de l´arbre de Noël chante les chants de Noël… et bien qu’ il n´existe plus déjà une unique tradition, chaque famille a sa propre « tradition ».

Cependant, il y a quand même quelque chose qui ne peut pas manquer : un chant de Noël allemand qui est toujours présent dans le répertoire de toute famille allemande et qui élève le cœur et exprime de façon très profonde le secret de la Bonne Nuit : Stille Natht, Heilige Natht… (Nuit de paix).

Sr. URSULA LEUFFEN, TC

Photo d’un calendrier d’Avent vivant